vendredi 17 avril 2009

dimanche 25 janvier 2009

L' anniversaire

Très tôt ce matin, le numéro de téléphone d'une des mamans de la classe de ma fille, s'affiche sur mon téléphone portable. J'ai inscrit les numéros de la plupart des mamans, comme cela je perds moins de temps, ne serait-ce qu'a écouter des histoires qui n'en sont pas. Elle insiste toute la matinée et renouvelle son appel trois fois, sans laisser de message.
Ce soir, elle téléphone à partir d'une autre ligne que je n'identifie pas. Il doit y avoir urgence.
" Bonsoir, je voulais savoir si tu voulais organiser l'anniversaire de ta fille avec la mienne, dans 2 semaines, au mur d' escalade au parc, comme cela on se partage les frais?"
Je lui dis que ma fille est née au mois de Juillet.
En début d'année la maitresse remet aux parents une liste avec les dates anniversaires de chacun, pour que ceux qui le souhaitent, puissent les célébrer à plusieurs.
Inviter la classe de 40 élèves à l'anniversaire, c'est sacré à tel Aviv, ca permet aussi et surtout aux parents de se rassurer sur la côte de popularité de nos enfants.
Puis, la maitresse et la directrice de l'école ont élaboré des codes au sujet de l'anniversaire. Si on ne peut ou ne veut inviter toute la classe, n'inviter alors que les filles quand on est une fille ou que les garçons dans le cas contraire. Si on en n'invite que certains, le faire discrètement. Ce qui ne semble pas être compris par beaucoup d'enfants ( donc parents), qui ayant pris l'habitude de distribuer leurs invitations dans l' enceinte de l école, voir de la classe, le font parfois aux vues et au sus de ceux qui ne seront pas de la partie. L' immixtion de la sphère publique dans celle du privé est une notion qui n a pas encore des contours bien délimités et surtout qui n est pas forcement perçue comme non souhaitable, c est normal, je crois, réminiscence du kibboutz et de la vie en communauté, du tout collectif.
En revanche c' est le rapport entretenu au concept de discrétion et la gestion du capital Hutzpa qui semblent poser le plus de problème.
La Hutzpa, est une expression yiddish, qui évoque des traits de caractère, un concept de vie et
d' interactions avec autrui, qui fait partie des fondamentaux. C'est une forme d' effronterie érigée en culte, il y a ceux qui en ont et c' est tant mieux, et ceux qui n' en n' ont pas: les pauvres, et ceux qui se battent continuellement pour se former à l' art de la Hutzpa.

" Oui je sais mais je me suis dit que peut être, ca t' arrangerait d'organiser un anniversaire en commun, même si ce n' est pas vraiment sa date."
D' ordinaire, dans ce type de situation, je ne sais pas formuler de réponse courte, là j'ai juste dit, non merci et Mazal tov.

lundi 22 décembre 2008

Religion et État

vendredi 19 décembre 2008

L' accés au toit


Nous habitons au dernier étage depuis plus de trois ans.
Un matin, il y a deux ans, la voisine du res de chaussée, qui ne répond jamais à mes bonsoirs, peut- être parce que je ne la croise que le soir, vient taper à ma porte. Sourire à moitié franc, elle me dit bonjour calmement en me regardant dans les yeux cette fois, je comprends qu'elle a un service à demander. Elle doit changer son chauffe-eau (doude), qui a explosé, je comprends enfin la source du récent et énième dégât des eaux au plafond de la salle de bain ainsi que les courts circuits aux différentes sources lumineuses dans la salle de bain et toute la zone mitoyenne. Elle m'explique que l'accès est impossible par l'ouverture trop étroite qui conduit au toit dans la cage d'escalier de l'immeuble.
Ok, très chère, comment as-tu pensé à moi et pourquoi moi, et comment font les autres ? Le personnel en charge de l'installation du chauffe-eau a procédé par déduction, une fois en repérage sur le toit, ils ont identifié l'appartement qui est situé immédiatement sous le toit, c’est nous. Enfin il y a un autre appartement, mais je la comprends, les occupants ne doivent pas lui dire bonjour souvent, eux. Je l'invite à prendre un café, car curieuse, j'avais moi, surtout envie de savoir quel était l'uniforme qu'elle portait, quand elle rentrait le soir et pourquoi elle ne répondait jamais à mes bonsoirs. Directrice des ressources humaines au sein d'une importante prison de femmes, celle où sont incarcérées de nombreuses femmes Kamikazes qui ont échoué leur attentat suicide. On parle entre autres du film documentaire « Shahida, fiancées d'Allah », qui a été réalisé par une jeune réalisatrice Israélienne, au sein de ce même centre d'incarcération. Toute réflexion faite, je comprends que le soir en se réfugiant chez elle, elle n'ait pas souvent envie de dire bonsoir à la voisine qui insiste à continuer malgré tout.
Elle est plutôt agréable, j'aime bien sa discrétion et sa façon posée de répondre à mes questions somme toute, assez indiscrètes pour une première rencontre. Je ne pouvais plus rien refuser, de toute les manières, aurais-je pu refuser l'accès au toit, s'il semble que celui-ci ne puisse se faire qu'en passant par chez moi?
Une semaine plus tard rendez-vous est pris. Telle une bonne poire je reste plantée à la maison, comme toutes ces matinées horribles où l'on attend le plombier, l'électricien, le peintre pour réparer, replacer, réinstaller l'électricité, repeindre les dégâts suite aux éternels bouleversements liés à l'eau et l'humidité dans les vieux immeubles de TLV: air conditionné, chauffe-eau qui explosent, fortes pluies, et que sais-je encore, à l'arche de Noé qui est venue se déposer sur le toit.
En général l' attente se fait entre 8h00 et 12h00, et le téléphone finit par sonner à 12h15 pour redonner les indications sur le nom de la rue, les possibilités de stationnement dans le quartier, si les pervenches passent à cette heure, combien de temps je pense que les réparations vont durer, et quel est surtout le numéro de l' appartement qui ne leur servira à rien, mais ils insistent pour l'obtenir le numéro de l' appartement, c' est plus facile à retenir qu' un nom, car ça n' a pas besoin d' être noté, car pour noter il faut une feuille et un crayon.
Depuis, moi aussi je suis comme tout le monde, je suis maline, je sors et je demande à ce qu'on me joigne sur mon portable une demi-heure avant. Bon mais dans ce cas, je suis restée au poste.La voisine est montée avec installateurs et chauffe-eau.
Les murs ne sont pas épargnés, les traces de doigts, de chaussures, mais je me dis ce n'est pas important tout ça, ils travaillent dur, tu ne porterais pas un truc pareil même dans tes pires cauchemars. Toute l'opération de hissage avec cordes et cris à pris, près de trois heures. La voisine me remercie. Au revoir.
Six mois plus tard, un couple qui vient d'emménager dans l'immeuble vient me dire bonjour, en tapant à la porte. Ils ont besoin d'installer leur doude sur le toit. Là je me suis promise de vérifier auprès du nouveau gérant de la "copropriété" ce qu'il en est de mon accès privilégié au toit et de mes obligations à ce sujet. Puis allez, je tiens aux bons rapports de voisinage, surtout qu'ils peuvent vous mener pas très loin de la guerre des 100 ans et des territoires voisins de la folie. Rendez-vous est pris, je ne serai pas là, je vous confie les clés et la responsabilité de veiller au bon déroulement des opérations.
Je rentre quatre heures plus tard, un bout de mur (pas de la pierre de taille, il est vrai) est largement ébréché. Elle ne l'a pas vu. Comment être sur que cet incident soit dû aux porteurs de doude. ''No comment'', investir mon énergie ailleurs.
Il y a deux jours, une femme vient taper à la porte. Je viens d'emménager au premier, et la voisine d'en face me dit que l'accès au toit pour installer une doude se fait par chez vous. Oui semble t-il, quoiqu' il y ait les voisins d'en face. Elle vient d'emménager, dans un appartement sans eau chaude, on ne lui a pas remis les clés de l'accès au toit par l'escalier, elle ne savait même pas qu'il en existait un.
Elle est architecte, elle s'étonne que dans la conception de l'immeuble une telle aberration ait pu être pensée. Elle m'interroge moi, sur le fait qu'elle ne puisse pas changer son doude sans passer par chez moi. Qu'est ce que j'en pense? Je lui dis que j'ai cessé de penser, et que ce serait un beau projet de recherche en sociologie de l'architecture: l'accès au toit dans les immeubles de Tel- Aviv d'avant les tours, en cas d'installation et changement des doudes.
Pas de rendez-vous pris, bien que demande formulée de contact à l' avance, mais qu’est-ce que la notion d’avance, quand les élections se préparent la veille pour rechanger de gouvernement le lendemain. Elle débarque vendredi matin à 8h00 (début du week-end, enfin il commence vers 16h00 quand le silence s'installe dans la ville), avec trois compères et le doude.
J'ai bien envie de ne pas lui ouvrir à celle là, mais les installateurs portent une kippa, ils doivent donc être rentrés pour leur shabbath pas trop tard et puis ils ont déjà transporté par les escaliers, le diable doude, jusque sur le pallier, et je dois sortir dans quelques minutes. J'ouvre la porte et je lui demande pourquoi elle me met devant le fait accompli. Je décharge mes nerfs, de façon totalement inutile, je le sais.
Les clés de la maison lui sont confiées, je fuis chez moi, je ne supporte plus de voir ces doudes.
En fin d' après midi, elle tape à la porte. Je vous ai apporté une plante avec des fleurs de saison de couleur rose. Je déteste le rose. Ca m'a fait très plaisir, de croire qu'elle envisage qu'il existe une altérité dans ce bas monde. Ce n'est pas grave tout ça, vraiment pas grave…et surtout ce n'est ni de sa faute ni de la mienne, si nous n'avons pas de frontières.

jeudi 18 décembre 2008

Double orientation

Décomposée, rouillée, l’assise ensevelie sous la poussière, il se peut que la chaise de bureau, soit ainsi enchaînée, au bas de l’immeuble depuis quelques années.
Elle a probablement pour fonction de servir de siège à une personne âgée logeant dans
l’immeuble et qui ne disposant, ni de vue sur rue, ni d’une double orientation (קווני אוויר שני : fort argument sur le marché de l’immobilier), descend au rez de chaussée, s’installer à son poste d’observation pour se laisser divertir par le plus dense, le plus fou, le plus enrichissant des spectacles: le spectacle de la rue, au centre de tel aviv.

En voyant cette chaise de bureau, je me suis souvenue que j’avais remarqué une chaise en plastique, ainsi retenue avec chaîne et cadenas à l’une des entrées du parc.
Pendant des semaines, elle était au même emplacement.

Un matin, je vois la chaise avec un vieil homme assis dessus, à quelques mètres du lieu où je la vois enchaînée d’ordinaire. Il lit le journal et écoute également les nouvelles à la radio. Un petit poste de radio, avec antenne dressée, est posé sur l'herbe à coté des pieds de la chaise. Les nouvelles sont peut être devenues une sorte de musique qui accompagne la lecture du journal. Finalement, non, peut être a-t-il besoin de fixer son regard sur les lignes du journal pour pouvoir continuer à écouter le même genre de nouvelles depuis des décennies. Il observe aussi les promeneurs du parc, les nouvelles ne sont sûrement qu’un prétexte pour pouvoir utiliser la chaise et regarder, ainsi, installé en première loge au centre de la pelouse, la vie autour de lui et oublier un moment ce qui se passe dans le reste du pays.

Ces chaises ne sont pas des chaises de gardiens, ce sont des chaises de loisir, qu’on évite d’avoir à déplacer pour la prochaine visite.

Au contraire des bicyclettes, enchaînées à plusieurs tours, à l’aide de chaîne pour moto, les chaises ne semblent pas avoir encore, suscité la convoitise et à l’image de ce qui se passe pour les vélos, entretenir un second marché, celui du vélo volé à Tel Aviv.
Demain, c'est décidé j’achète une chaise de bureau avec roues pour me déplacer dans la ville.

mardi 16 décembre 2008

Un reste de pillules

lundi 15 décembre 2008

Un numéro de téléphone pour la défense des droits de l’homme

Il ne s'agit pas de la défense des Droits de l’Homme, avec un D et un H majuscules, qui vient de fêter l’anniversaire de sa déclaration universelle et dont l’esprit et les principes sont aujourd hui, bien malmenés partout dans le monde.
Défense des Droits de l’Homme qui n´a pas encore mis en place une antenne téléphonique internationale, universelle et sans frontières, peut être en communication avec l’au de delà et qui permettrait à chacun de rapporter, témoigner, livrer les atteintes aux droits de l’homme, qui n’ont jamais disparues ou ne cessent de refaire surface, si ce n’est au sein des discussions avisées dans les enceintes du Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies.

Non, il est question de la défense des droits de l’homme au sein de la famille, du genre masculin, de la défense des intérêts de l’homme par opposition à ceux de la femme.
En Hébreu comme en Anglais, d’un point de vue strictement linguistique, il semblerait qu’au stade de la dénomination, on ait été plus soucieux d’englober la femme puisqu'on parle de défense des droits de l’humain, de l être humain ( אדם, Human Kind). Cependant en Hébreu pour dire le genre humain, on parle des « fils de Adam », des enfants de Adam et non pas ceux de Eve. La difficulté, commandée par la nécessité de généraliser, de formuler le genre, reste la même qu’en Français finalement, où l’on utilise le même mot pour dire le masculin et pour dire le genre humain.

Il n’est pas une façade extérieure d’un immeuble au bord des routes, des panneaux à
l’abandon, en zone urbaine ou non, sur des tôles en aluminium au bas des chantiers, qui ne soient revêtus de cette inscription. Sur n’importe quel support visible, ou façades, on peut voir, ce graffiti, écrit à la main de l’homme, directement sur les matières des supports choisis au hasard : un numéro de téléphone portable pour la défense des droits de Monsieur.

Hier, j’ai pris le temps de composer le numéro de téléphone pour comprendre.
J’ai au bout du fil, un homme surpris d’entendre la voix d’une femme et toujours la même rengaine avec l’accent Français. Je lui explique que je cherche juste à comprendre de la défense de quels droits il est question et surtout qui est derrière cette campagne qui travaille son image artisanale mais qui m’apparaît avoir un très grand impact compte tenu du nombre impressionnant de lieux où il est possible de s’arrêter devant ce marketing graffiti.

L’homme est sur la défensive, je serais parmi les rares femmes à téléphoner.
Il a un discours argumenté, très militant, politique, un discours de colère contre l’état et les institutions spécialement la Loi et la position des tribunaux civils, qui se préoccuperaient, de manière excessive et disproportionnée de la défense des intérêts des femmes, au détriment de ceux des hommes. Une politique d’état qui aboutirait à placer ce pays sous le joug et la domination des femmes, « une nation qui vivrait désormais à l’heure d’un féminisme hargneux », où il n’est pas bon être un homme, où « un homme peut se retrouver sur le carreau, systématiquement déchu de son droit de garde, en sus du reste». Il sait de quoi il parle, c’est un mouvement qu’il a initié à l’issue de son propre divorce, me précise t-il.

Il s’agit donc de la répartition des droits, des obligations, du statut de père et d’homme dans le cadre des procédures de divorce.
Ce mouvement est une forme de lobby qui attirerait de plus en plus d’hommes pour mener des actions de sensibilisation auprès des pouvoirs publics, pour tenter de modifier les textes et la jurisprudence dominante dans ce domaine.

C’est la première fois que j’entends qu’en Israël, le féminisme soit un mouvement puissant ou de quelque influence que ce soit.

Il me semble au contraire, que de grands combats restent à mener.

J’ai même remarqué que dans les milieux dits "main stream" ou aussi "straight", à savoir non spécialement activiste, non spécialement célibataire, non spécialement à ''voile et à vapeur", ou non hétéro, le terme féminisme déclenchait des réactions violentes, passionnées, voir sarcastiques et cyniques, aussi bien du coté des hommes que des femmes d’ailleurs. Le mot fait peur. Personne n'arrive à s'entendre sur sa définition qui reste vague et multiple, à contenu variable, voir très variable, ce qui rend peut être la notion de combat pour la définition même, d’un nouveau concept de féminisme ou pour la défense des droits essentiels en ce domaine, difficile à envisager. « Pas dans les priorité du pays », il y a des combats tellement plus essentiels, il y en a toujours d’ailleurs, des priorités qui apparaissent plus sérieuses à envisager dés lors qu’il est question d’introduire des changements de mentalité qui ne concernent plus le « conflit »... Cependant il existe un féminisme sectoriel et orienté, suivant les secteurs de la population et les régions géographiques du pays. Par exemple dans les milieux orthodoxes de plus en plus de femmes partent au combat contre la loi sur le Guet (du ressort des tribunaux religieux), qui soumet la femme au libre vouloir de l’homme, celui-ci devant lui délivrer une sorte de quitus pour pouvoir être libérée, religieusement des liens du mariage et pouvoir refaire sa vie. La délivrance du guet rend parfois la femme prisonnière, les questions multiples qui entourent les conditions de la délivrance du guet, aboutissent souvent à des situations absurdes et qui portent atteinte aux seuls droits des femmes, telle qu’en cas de disparition non avérée ou non officiellement déclarée de l’homme époux, que faire ???? : libérée pas libérée…

dimanche 14 décembre 2008

Politique de l´esthétique

vendredi 12 décembre 2008



jeudi 11 décembre 2008

Prière du soir


Depuis au moins une demi heure, j’étais en train de négocier un petit objet aux puces de Jaffa, une très belle main de fatma en verre, soudain le propriétaire du magasin s’agite, il s’impatiente, il rassemble ses affaires sur le comptoir, remet des objets en place, passe un coup de fil en vitesse, je ne comprends rien, il parle en Perse, c’est beau le Perse, ça chantonne, ça danse, à l’écouter parler, ça fait l’effet d’une langue aux angles ronds, ça m’est apparu moins direct, moins vif, moins fort que l’Hébreu de la rue que j’entends tous les jours, pas celui des sphères feutrées des intellectuels, du cinéma d’auteur, de la station radio 88, le soir tard, pas la langue des conférences feutrées ou de certains vieux élégants, je parle de la langue qu’on entend tous les jours, celle des hommes et des femmes qui ne s’entendent plus, celle des jeunes et des enfants qui crient pour montrer qu’ils existent eux aussi, parce qu’il faut prendre sa place sinon personne ne vous la cédera, la langue de tous les jours qu’il convient
d’exprimer avec vigueur et assurance, surtout pas avec indifférence, comme dans les programmes de télévision, et avec l’efronterie de convenance, comme sur la chaîne de radio 102 Tel Aviv, dans un programme quotidien supposé être une satire sans filtres de ce qui s’est passé la veille, où le couple d’animateurs, un homme à la voix virile et une femme qui s’évertue en permanence à montrer qu’elle aussi elle peut être très virile, les deux se crient dessus, se lancent des insultes que les auditeurs doivent comprendre comme étant une très grande forme de complicité, des insultes pour nous dire qu ils s’aiment et qu’ils s’admirent mutuellement pour leur art de la critique acerbe, une langue de tous les jours qui n’est jamais sereine, jamais tranquille, se fait rarement douce et calme comme dans les vielles civilisations qui sont restées en place sur les mêmes lieux, comme en Inde peut être, ou en Chine, sûrement aussi pour d’autres raisons.
Il achève sa conversation, il ferme son téléphone portable et ne semble plus du tout être intéressé par une transaction avec moi. Je lui demande s’il ferme déjà boutique. Il me répond à peine, comme s’il était déjà ailleurs, il me dit que si je le souhaite, je peux l’attendre dehors, le temps qu’il finisse sa prière du soir (Arvit : de erev soir), mais là, je dois sortir. Je me dis que c’est étrange, le temps qu’il se rende à la synagogue, même du quartier et qu’il revienne, une heure sera passée au moins, et il sera déjà tard pour ce genre de petit commerce, qui ferme en général en début de soirée. Nous sortons ensemble, lui avec son livre de prière. Tous les commerçants de la rue font de même, tel un rituel, dans le silence, avec maîtrise et calme, ils se regroupent tous, les jeunes, les moins jeunes, tous avec leur livre ouvert, commencent à prier en silence, en chuchotant des lèvres, certains remuant leur buste, d´avant en arrière, comme cela est parfois devenu une habitude, pour accompagner et donner de la vigueur à l’acte de prier, dans les synagogues ou salles d’études.
Se joignent à eux, certains passants, des enfants aussi. Les autres passants continuent librement leur chemin, certains attendent que les commerces reprennent leurs activités.
Ils prient faces aux étals, ni les couleurs ni les formes, ni l’apparent fouillis et
extraordinaire variété des objets disposés, posés, suspendus, étalés ne sauraient les perturber dans leur sérénité retrouvée. Ce sont leurs étals à tous, c’est leur quotidien et ils prient à coté, au milieu, au sein de leur lieu de travail et de ce qui les font vivre.
Parmi l’incroyable amoncellement de trésors, beaucoup importés de Chine ou d’Inde: Tapis de pique-nique, tissus, petites boites en bois, sacs, paniers, céramique Arménienne, main de fatma en pâte fimo, en verre, en plâtre, en tissu, vaisselles, costumes de danse du ventre, foulard keffieh au tissage bicolore rouge, bicolore noir, calumets de la paix,…

Avant d’arriver aux puces en passant par le front de mer, une jeune femme déployait des gestes avec ses paumes de mains qu’elle remuait délicatement face à la mer et au ciel, comme si elle les caressait. Elle s’adonne seule en regardant les vagues et l’au delà, à cette forme de prière, alors que tout son esprit parait saisi, comme si elle n’était plus là.

Elle n’entend, ni ne voit, l’homme derrière elle, qui lui, n’a pas décroché, il ne médite pas, il ne prie pas, il ne s’adresse ni aux vagues, ni aux cieux, il parle à l’aide de l’une de nos extensions anatomiques locales, le téléphone portable ou la troisième oreille.

mercredi 10 décembre 2008

Location saisonnière


La frénésie des projets de construction qui a saisi la ville, profitant souvent, comme il se dit beaucoup, aux investisseurs étrangers, a contribué à une augmentation vertigineuse des loyers et à une nette diminution des offres de location sur le marché.

La colère des locaux se transforme parfois en rancœur contre l’investisseur étranger et la municipalité qui semble privilégier le développement d’une ville, qui attirerait essentiellement des résidents étrangers, n’inspire désormais plus confiance auprès de beaucoup de jeunes.

Ce sentiment de ne plus appartenir à la ville, d’en être écarté au profit de gens qui ne vivraient pas ici, a contribué entre autres thèmes, à alimenter le succès de la campagne électorale d’un nouveau parti aux dernières élections municipales : « une ville pour nous tous » ( Ir lekoulanou).

Vient s’ajouter au phénomène de développement sauvage, dont tirent largement profit entrepreneurs et métiers de l’immobilier, un libéralisme farouche où la réglementation par le biais d’une politique de régulation des loyers par exemple, fait défaut tant au niveau local qu’étatique.

dimanche 22 juin 2008

Erection, transformation, juxtaposition, urbanisation.

jeudi 19 juin 2008

Légende

Depuis quelques jours sur les murs de la ville, certains ont associé à la représentation devenue iconique du visage de Théodore Herzl, cette phrase en Hébreu: « Si vous ne le voulez pas, ce n’est pas nécessaire ».
Théodore Herzl écrivait en 1902, dans son livre Altneuland (ancien-nouveau pays) :
« Si vous le voulez, ceci n’est pas une légende »

« La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu’en avant » Søren Kierkegaard

dimanche 15 juin 2008

Objet suspect

Parfois la circulation en ville s’interrompt brusquement. D’autres fois, en marchant sur un trottoir, on voit au loin un attroupement de badauds, un véhicule de police à l’arrêt avec gyrophares en marche, des agents de la force publique agités autour du périmètre du véhicule, occupés à bloquer la circulation et l’avancée de tout être vivant. Accrochés à leur talkie walkie, ainsi engagés dans une communication nerveuse avec d’autres services, personne ne sait quelle est encore la nature de "l'objet suspect".

Cela peut se passer très vite, une fois arrivé au bout de la rue, à l’approche du « nerf de la guerre » et du lieu d’attroupement : une légère explosion. L’objet suspicieux est ainsi neutralisé. Il peut s’agir d’un sac à dos, d’une caisse de carton fermée, d’un large sac en plastique bien rempli et n’offrant aucune ouverture à l’œil nu, un sac de plage oublié, ….
Il y a des périodes ou ces petites scènes rythment intensément le coeur de la ville, depuis quelque temps à Tel Aviv, le climat est clément, pourvu que cela dur, « TFOU, TFOU, TFOU,… ». Cette expression est utilisée pour conjurer le sort. Je ne connais pas l’origine linguistique de cette formule très imagée, presque de l’ordre de l’irréel, quand on la découvre, les premières fois, à la fin d’une phrase, dont le contenu n’a à priori rien à voir. Cette expression, dont il convient de prononcer le son au minimum 2, au maximum 3 fois, est une manifestation extérieure de superstition typiquement Israélienne et dont se prévaut, sans complexe le milieu laïc, rejetant généralement toute forme de superstition comme relevant d’archaïsmes anachroniques. Quand on avoue croire en l’existence divine, il est plus courant d’entendre, dans des circonstances de crainte : « l'éternel nous en préserve ». L’archaïsme, serait-ce d’oser croire encore en la présence Divine en 2008, ou de se protéger par des formules magiques ?
Au final, chacun ses croyances.

Que D., le terrorisme et « Tf0u, Tf0u, Tf0u », nous gardent à l’avenir des objets suspects réels, et des jeunes-hommes-femmes-ceinture-explosifs objets, non neutralisés, comme c’est le cas en ce moment sur les contrées de la très gâtée Bulle.

vendredi 13 juin 2008

Jaffa, Vendredi soir


vendredi 23 mai 2008


mardi 20 mai 2008

Manière de proposer

jeudi 15 mai 2008

Artistes de rue tombés de France: comme dans un rêve






La compagnie Erectus sur le Boulevard Rothshild, hier 14 Mai 2008

mercredi 14 mai 2008

Visite au sommet

mardi 13 mai 2008

Si seulement ...




lundi 12 mai 2008

Sandwich Tunisien

En face de la station Riding




dimanche 11 mai 2008

Ce petit café, qui vend aussi des gâteaux faits maison et de la vaisselle à offrir, a ouvert depuis à peu près deux ans. Il dispose de quelques tables et chaises sur le trottoir, mais il est surtout fréquenté par une clientèle du matin, accroc au café à emporter, le café au lait « renversé ». Avec dans l’idée de donner aux lieux un esprit Europe, un esprit « French class » très en vogue, cet endroit porte le joli nom de « crème fraîche », évocateur de gâteaux savoureux et d’onctuosité des pays normands. A part la coquille, ou l’erreur de frappe n’apparaissant que sur le rideau : simple erreur technique de main d’oeuvre pour le non francophile, absurdité aux yeux du francophone (qui revêt désormais tout son charme à mes yeux), le concept du café de quartier est très réussi. Au début, j’ai pensé prévenir le jeune propriétaire qui ne parle pas un mot de Français, souvent remplacé par une charmante serveuse d’origine Russe, qui ne parle pas non plus le Français, que l’orthographe avait était respectée par l’imprimeur en charge de la vitrine, mais que le responsable de l’impression sur tissu, s’était laissé aller à mettre un circonflexe sur le A et l’aigu à la place du grave ou le grave à la place de l aigu, je ne sais plus moi-même. Mais, allez expliquer ce genre de subtilité, et puis cela se fait-il de provoquer des tracasseries à quelqu’un qui ne vous a rien demandé et dont le petit commerce fonctionne bien sans vous. En plus, je crois que le chapeau sur le A risque de me manquer, désormais, en achetant mon café.

samedi 10 mai 2008

60












Mercredi 7 Mai 2008, 23H00, Place Rabin, fête de l' indépendance: 60 ans.

Retransmission en direct de la cérémonie des 60 ans sur la place Rabin, sur une chaîne de Télévision Allemande

mardi 6 mai 2008

Le Souvenir d'un quotidien


lundi 5 mai 2008

Identification: possible dialogue, fatale confrontation ou fantasme?


Que veulent dire ceux qui s'expriment sur les murs, faut-il y voir du sens, faut-il y voir un sens caché, peut être ne convient-il pas de les interpréter?
La force des images, des images sans les mots, c'est que contrairement aux mots seuls, elles n’enferment pas son auteur. Cependant, dès lors qu'il y a représentation, il y a réflexion, orientation, et parfois sans que l’auteur ait la volonté, la conscience ou le recul nécessaire pour intégrer ne serait-ce que l’ existence et le poids des messages diffusés. L'auteur des images ne maîtrise pas les interprétations possibles. Contrairement aux mots les images sont isolément reçues et librement comprises. Cette réflexion s'applique également aux mots, mais cités intégralement, telle que le serait une image, ils ne peuvent faire dire ce qui n’est pas dit. Les images en tant qu’outils qui véhiculent du sens, engagent une réflexion bien plus approfondie que celle liée au pouvoir des mots. C'est dans cet esprit que très tôt, la religion juive, dans un souci d'éthique et de protection du "représenté" et de celui qui recevrait le message, prévoit l'interdit de la représentation.

dimanche 4 mai 2008


vendredi 2 mai 2008

Fil à la patte


lundi 28 avril 2008

Fouilles

" C'est une merveille d'ignorer l'avenir" Marguerite Duras

dimanche 27 avril 2008

Mission d'observation


samedi 26 avril 2008

Pessah: Au delà de la galette de pain azyme

CÉRÉMONIE DE PESSAH DANS UNE ÉCOLE, FÊTÉE A L'AVANCE AVANT LE DÉBUT DES VACANCES SCOLAIRES










Ce soir, en Israël, s’achèvera la fête de Pessah, la Pâque juive.

Pessah est une fête de 7 jours en Israël et de 8 jours en dehors, qui marque la naissance des enfants d’Israël, dont est issu le peuple juif. Elle commémore l’exode des Hébreux hors d’Egypte et leur libération du joug pharaonique. Les juifs ne réduisent pas la cérémonie de Pessah à une commémoration, ou au simple fait de na pas manger de produits à base de levain, à commencer par le pain.

Pour parler sommairement de cette fête dans ce post, dont je choisi le titre, je m autorise à éditer un court extrait tiré d'un commentaire écrit par un oncle non pas "flingueur", mais un oncle illustre penseur, savant décodeur des messages portés par les textes et la pensée juive, fin et brillant pédagogue dans son eternel souci de transmission aux jeunes et parfois moins jeunes générations, cela depuis sûrement un demi siècle.

Le Seder de Pessah
Après bien des tentatives et une grande variété de coutumes, un modèle de seder a fini par s’imposer, et être admis actuellement par toutes les communautés juives à travers le monde. Ce seder a été mis au point et organisé en 15 étapes, par le Rabbin Chemouel de Falaise, qui vivait en France au 13ème siècle.
Le seder, la mise en ordre en Hébreu, c’est d’abord la volonté des Sages ( Rabins, commentataeurs,...) de préserver la mémoire des événements vécus par nos ancêtres. Comme nombre de peuples l’ont fait à travers le monde, on pouvait penser que nos Sages auraient composé un récit de la sortie d’Egypte, savamment écrit, pour laisser une trace suffisamment forte et ressusciter le passé à destination des générations. On sait que le récit, en tant que tel, a toujours une force éducative incontestable.
Il risquait cependant, ce récit, répété tel qu’en lui-même, de se guinder au fil des ans, de se figer et de perdre sa vertu essentielle de gardien de la mémoire.

Les penseurs, inspirés, ont trouvé mieux. Pour susciter chaque année le même intérêt pour des événements millénaires, ils ont mis en place un rituel autour de la table familiale qui associe les jeunes aux anciens. La place faite aux enfants, durant le seder, est en effet significative ; les inviter à rester éveillés, les étonner, les écouter, provoquer leur questions, autant d’objectifs que s’impose volontiers le maître de maison à chaque seder.

Mais la famille n’est pas une cellule égoïstement fermée sur elle-même, elle a le devoir, ce soir-là d’ouvrir largement son coeur, sa porte, en accueillant le nécessiteux, l’étranger. Ce n’est d’ailleurs pas là que charité, la présence de l’étranger, de ce qui est « autre », de ce qui est étranger a soi, stimule la réflexion et l’enrichit.

Fait significatif, ce n’est pas à la synagogue qu’on lit le récit de la sortie d’Egypte comme on le fait à Pourim pour l’histoire d’Esther. La volonté manifeste, a été d’insérer le récit de la sortie d’Egypte dans un repas familial ordonné, au cours duquel l’intention est de se nourrir, certes, mais de se nourrir ce soir-là, autant d’aliments que de paroles.

La Hagada
Dans les 15 étapes du seder, la 5ème étape, la plus longue, est la hagada.
Particularité de la hagada : récit de la sortie d’Egypte, elle n’est pas lue comme serait lu uniment tout récit de ce genre. Le terme araméen (ancêtre de l’alphabet Hébreu) hagada ou agada indique une histoire dite oralement à des auditeurs.

Chacun sait que pour être pensé, tout vécu que ce soit, doit passer par des mots Pour transmettre, il faut être en mesure d’organiser les événements vécus en un récit cohérent; à défaut de cette mise en paroles le vécu resterait informe, inaudible et donc impossible à transmettre. Cette rigueur est d’autant plus nécessaire quand il s’agit de rapporter, de transmettre aux générations qui n’ont pas vécus les événements.
Le Rabbin, traducteur de l Arabe, penseur et philosophe Maimonide (12e,13e siècles) notait déjà, que le miracle n’est miracle que pour ceux qui l’ont vécu; pour les générations suivantes le miracle n’est déjà plus qu’un récit.
La hagada est plus une invitation au questionnement et à l’étude qu’une simple histoire.
Le questionnement a, dans la hagada, une place essentielle au point qu’un juif qui serait contraint de faire le seder en solitaire devra, dit la Halakha, se poser des questions à lui-même.
Les trois devoirs caractéristiques de Pessah, sont en Hébreu « pessah matsa oumaror ». Il est certes fait obligation de les accomplir mais les dire, en étudier le sens les commenter, constituent une part essentielle de cette fête.

La Matsa
La matsa (le pain azyme) symbolise la délivrance du peuple Hébreu. Le pain sans levain en souvenir, dit la Tora, de la sortie précipitée d’Egypte « en hâte nous sommes sortis d’Egypte ».

Parmi les explications nombreuses données à la matsa, en voici une que développe le Rabbin Yeouda Loew ben Bezalel, dit Maharal de Prague (16 ème siècle).
La matsa se réduit à deux éléments, nécessaires et suffisants, la farine et l’eau, sans aucun autre composant. Le Maharal voit là la définition même de la liberté humaine.
Est libre, dit-il, celui qui sait discerner au fond de lui-même les composants nécessaires et suffisants de sa personnalité et qui sait se départir de tout ce qui est superflu à sa condition d’homme libre.

Marcus Elhadad, Paris

vendredi 21 mars 2008

Carnaval de Pourim














vendredi 14 mars 2008

Et la lumière fut…

Abat- jour récréatif dans une librairie du quartier de Neve Tzedek

Roméo et Juliette, autre temps, autres lieux, autres Dieux...







J’ai hésité à écrire un texte qui accompagnerait ces photos. Que raconter, quoi dire et ne pas dire? Pourquoi ne pas dire ? Pourquoi est-ce que je ressens de façon intuitive qu’il est peut être préférable que je renonce tant à poster ces photos qu’à y joindre tout commentaire. Tout d’abord parce qu’il ne s'agit pas que de moi, il ne s'agit surtout pas de moi, il est question de deux êtres, de deux artistes, il est question d’une forme d’art très libre, il est question d´une région, d’un conflit, d'interdits. Ensuite parceque de nos jours, le silence, la censure, le boycottage, l´appel à l autodafé, la peur des menaces, des représailles, la crainte pour la vie, semblent déployer toutes ses forces pour l’emporter sur « la raison », notre raison, celle qui nous permet de dire, de parler, d´ écrire, de photographier, de voir, d´entendre, celle qui rend possible l’affirmation de ses choix, la révélation d’un soi qui ne serait ni blanc ni lisse, un soi, un moi, un toi, qui serait « irréel ». Parce qu´aujourd' hui on pourrait croire que l’emportent sur « les lumières », la lumière, celle qui nous permet de dire, de voir, de lire, d´écouter, de comprendre, de savoir, de connaître, de découvrir, l’effrayant obscurantisme, l´obscurité, les ténèbres.

Il y a deux semaines à la lecture du descriptif de ce spectacle, je réservais deux places, en cherchant précisément à ne pas savoir, à être surprise par ce que j´allais découvrir. Je pouvais lire dans le programme du théâtre Inbal, où se produisent groupes de musiques et/ou danses de style dit Ethnique: Elle vient d' Israël, elle danse, Il vient d'Irak, il chante et joue du Oud, ils se sont rencontrés en Inde, ils sont unis, ils vivent en France, le spectacle porte le nom: « Djaladjil (le nom des cloches suspendues aux chameaux, dans le désert)».

Hier soir, je me suis rendue avec une amie, qui pensait que l´on allait voir un spectacle de danse Orientale, elle, qui ne va jamais assister à "ce genre de danse aux mouvements un peu trop emphatiques et à la musique un peu trop bruyante", se faisait tout de même une joie de vivre un moment rempli de couleurs, à découvrir une manifestation culturelle à laquelle elle n'avait en définitive, pas souvent l´occasion d'assister.

Sur scène, deux musiciens, un joue de la cithare, l´autre chante en s’accompagnant du Oud. Au micro, avant de débuter, le chanteur-musicien annonce que les poèmes chantés sont des chants de la tradition sufiste qui évoqueront ici « l´histoire éternelle de l´ unité de l amour entre l´homme et la femme, entre l’homme et l´ éternel et entre les peuples ».

Elle apparaît dans une robe blanche, les cheveux attachés, laiteuse, ses premiers mouvements sont contenus, retenus, parfois avec des secousses qui traversent tous les membres de son corps. On sent très nettement l´influence de la danse classique Indienne, puis les mouvements au délié parfait sont ensuite traversés par des soubresauts inquiétants qui rappellent les mouvements convulsifs des corps possédés lors des cérémonies traditionnelles de transe et de danses collectives (Inde, Sud du Maroc, Afrique de l' Ouest,…).

Puis sublimement vêtue de noir, avec une tenue plutôt inspirée des costumes d’Inde, d’Afghanistan et de la culture Tzigane, les cheveux lâchés, les mouvement se font plus sensuels, plus arrondis, bien que métamorphosée, transformée, sa danse se rapproche de la traditionnelle danse orientale.

En clôture, après avoir tourné sur place pendant plus de 15 mn sans interruption, tel un derviche tourneur, elle saute, s´élance, fait tourner sa tête et ses longs cheveux comme dans une forme d´extase désespérée.

Lorsque les paroles chantées sont parfois traduites par le musicien lui même, j´entends, plus le nom de Dieu et le « lui » plutôt que le « elle » dans ce qui semble être dit.

La symbolique de ce couple d’artistes est belle, courageuse, les mouvements sont sophistiqués, engageants, sa présence à elle sur scène envoûtante. Cependant, je n'ai pas été traversée par l´émotion. Et j´ai regretté que pour exprimer leur amour, celui entre un homme et une femme, le choix se soit porté sur des chants liturgiques qui tournent essentiellement autour de l´amour que l’homme voue à Dieu et ses prophètes, des chants qui en définitive ne semblent laisser que peu de place à la femme aimée.
Mais je n' ai peut être pas réussi à accéder à la substance des infinies métaphores possibles.
En sortant du spectacle, je me faisais la réflexion suivante: en dehors d´Israël et de la France, quels sont les pays aujourd´hui qui seraient encore prêts à accueillir sur scène un couple qui clame son amour, en dansant l´une des danses les plus subversive, accompagnée de chants traditionnellement chantés dans les mosquées.

samedi 9 février 2008

Touristes, Passeports Etrangers, attention, vous êtes ciblés !

Mer morte, Israël, Février 2007

Le magazine Time Out Tel-Aviv édite régulièrement en supplément de
l’hebdomadaire en Hébreu, des petits guides brochés exclusivement destinés aux abonnés. Cette fin de semaine, le supplément livré, s’intitule: “ 250 choses à faire à Tel-Aviv, la nuit” Le supplément guide est subdivisé en plusieurs rubriques thématiques, telles que
« Bar et Alcool», « Urbain », « Culture et Art ».Dans la rubrique « Sexe et Amour » est proposée, en page 52, une activité portant le titre : « Chercher des touristes ».

Je livre ici une traduction rapide de ce qui s’offre au lecteur Tel-Avivien:
« A la tombée de la nuit, c’est aussi, le sentiment d’éternelle solitude qui accompagne tout célibataire à Tel-Aviv. Ainsi que le destin l'a voulu : à Tel-Aviv, dans la région du Goush Dan et dans tout Israël, impossible de trouver l’âme sœur. Cependant, avant de se retrancher vers une vie de nonne,…, souvenez vous qu’une option fantastique s’offre à vous, celle d’une relation avec un/une touriste. Celle-ci n’implique que peu d’engagement (ou la relation à distance se conclura par un passeport Britannique, Suisse ou Français et grâce à eux, la direction, l’entrée dans l’Union Européenne.
Il ne fait aucun doute qu’au Café Joey"s Bar, vous ferez la grande rencontre, dans ce bar on rencontre un large échantillon d’âge et de pays. … »
« …si vos exigences sont un peu plus spécifiques, rendez vous au pub mythique Mike’s Place, où la majorité des serveurs, des artistes qui se produisent et ceux qui fréquentent le lieu, parlent avec un accent Anglo-Sexi à devenir fou.
Mais le privilège de se marier avec un passeport, ne s’offre pas uniquement à ceux qui fréquentent les bars. Promenez vous vers la rue Ben Yehuda, le long de la mer et sur la rue Hayarkon, vous êtes assurés, dans 96.7 % des cas de pouvoir nouer des liens avec un touriste. Lors de vos sorties dans ces quartiers, choisissez de vous installer dans un endroit précis, au choix : l’entrée de la tour Opéra, le café Tsfoni sur la plage de Tel-Aviv ou le restaurant Mac Donald’s à côté de l’hôtel Dan. Ces malheureux touristes pensent qu’il s’agit là du vrai Tel-Aviv. Vous qui connaissez le vrai, vous pourrez leur faire découvrir le visage de la ville au travers de votre regard, ou au moyen de tout autre organe qui vous semblera bon. Good Luck. »
Bien que les magazines Time Out dans le monde assoient leur réputation grâce à leur liberté de ton et leur contenu «branché », c’est probablement le style de la plume de l’auteur de ce petit encart ainsi que la trivialité de ses conseils, mettant en lumière l’incitation à une sorte de « marché du passeport par le sexe » qui m’apparaît comme totalement "out" et pas du tout "branché". Cependant pour comprendre dans quel état d' esprit s'inscrit ce petit texte de mauvais goût et à l’allure anodine, à classer dans la rubrique « à méditer », ou « attention, pays en crise », il m’apparaît important de rappeler sommairement le contexte plus sérieux, qui semblerait l'inspirer.

Il apparaît que dans "le monde d'aujourd'hui", se déplacer ou envisager le futur avec l’unique nationalité Israélienne n’est pas toujours facile. Qu’il s’agisse des pays qui interdisent l’entrée aux ressortissants Israéliens, de manière officielle ou officieuse, même dans l’hypothèse d’un déplacement exclusivement professionnel: journalistes, médecins, ou qu’il soit simplement question de répondre à la question légitime « d’ou êtes vous, quelle langue parlez-vous? » lors d’un voyage touristique en Europe, en Amérique latine,...
De plus, l’état d’esprit peu optimiste de beaucoup, face aux espoirs de paix dans la région, expliquerait en partie les raisons pour lesquelles, beaucoup de jeunes cherchent désormais à disposer en plus, d’une autre nationalité, parfois prêts à se lancer dans de profondes recherches et fastidieuses démarches pour retrouver une nationalité Européenne, abandonnée ou perdue par leur ascendants, suite aux tragédies de la shoah.

mardi 29 janvier 2008








Tempêtes, tonnerre, vent: 56 km/h, averses, grêle...




Fortes pluies
Aujourd'hui: 14°
Nuages et vent
Max. 12°
Min. 6°
Humidité: 67%
Vent:OSO/56 km/h
Visibilié: 9.99 km
Point de rosée: 8°
Pression: Inconnu
Lever du soleil : 6:36
Coucher du soleil: 17:11

( Tel-Aviv-Yafo, météo , http://www.yahoo.com/)

Les maisons, les infrastructures, la plupart des habitats, les chaussées, les voies publiques, sont très mal aménagées pour ce type de climat. Ce qui fait que dans les maisons, on gèle, il fait humide, on se croirait sur l'arche de Noé, on entend la colère des vents qui hurlent, les fenêtres mal isolées laissent passer un souffle glacé, les pots de plantes tombent et se brisent, les vieux voisins méticuleux et surtout désoeuvrés, montent en colère, pour signaler une chute de pot, sur leur joli balcon, on entend le son des ambulances, on voit les antennes paraboliques danser et parfois tomber sur les toits. Puis on vit au rythme des pannes d'électricité, plus de machines, plus de chauffage, et surtout plus de connexion Internet pendant quelques instants. Dehors, il n’y a pas âme qui vive, des branches d'arbres à terre, des troncs qui dansent, l'écoulement des eaux est spectaculaire, une véritable inondation, les déplacements à pied sont quasi impossibles.

dimanche 27 janvier 2008

La Mercerie de Tsila










Dès mes premiers jours de vie à Tel Aviv, depuis le début installée dans ce quartier, j’ai remarqué la mercerie de Tsila. C’est le genre de magasin qu’on ne remarque pas ou qu’il est impossible d’ignorer. Une mercerie aux couleurs, au style des années 1950, avec les mannequins de l’époque, les couleurs passées des emballages cartons, les petites épingles qui retiennent les articles exposés en vitrine, les chemises de nuit, robes de chambres à fleurs de nos grands mères, les culottes larges aux très grande tailles, les bobines de fil, les agrafes,…
Très vite, ce n’est plus la boutique qui retient mon attention mais la femme très âgée qui l’occupe. Je la vois parfois traverser le grand carrefour, avec un pas hésitant et un regain d' attention à l'approche du passage pour piétons, pour continuer à marcher avec un pas très lent mais déterminé vers son repère dont elle s’apprête à faire l’ouverture.
Toujours avec deux cercles bien dessinés de fard rose vif sur chaque joue, un petit sac à main, suspendu à son poignet, un collier de simili perles, des petites bottines de cuir, coquette, elle avance toujours seule parmi les différents passants et gens du quartier, qui s’est considérablement rajeuni depuis un peu plus de 5 ans.
A chaque fois que je passe devant sa vitrine, je m'empresse de vérifier si elle est toujours fidèle à son poste, car elle laisse souvent la porte du magasin entrouverte. Assise derrière le comptoir, parfois, elle est en pleine conversation avec une cliente, je présume.
Cela fait trop longtemps que je souhaite la filmer ou la photographier pour ne pas oser cette fois ci. J'ai le sentiment depuis peu que les heures sont comptées, que nous pénétrons peu a peu dans une autre ère, celle de la disparition de ces vieilles boutiques, celle de la disparition de ces "vaillants". La semaine dernière, j'ai osé lui parler pour la première fois et c’est à cette occasion que j’ai appris son prénom Tsila.
Je suis entrée dans le magasin, j’ai prétexté l’achat d’un bout d’élastique et je lui ai parlé de mon projet.
Elle a fait semblant de ne pas comprendre, en me disant qu’elle n’est pas photogénique, mais elle a répondu à mes questions et elle m’a raconté par bribes les morceaux d’un puzzle, qu’il ne m’était pas difficile d’avoir imaginé avant:

« Ici, le climat est agréable, il fait chaud, les gens quand je suis arrivée, se promenaient tous dans la ville en chemise de coton sans manche, laissant le haut des bras découverts… »
« je tiens cette mercerie depuis que je suis arrivée à Tel-Aviv, dans les années 1950, je suis arrivée seule, après être sortie du camp d’Auschwitz, je n ai personne, je n ai plus personne,.. »
« Je viens de Pologne, j’y pense souvent à la Pologne, mais à quoi bon, . ..
« Je ne me suis jamais mariée. En Pologne, ils ont tué ma mère, ils ont tué mon frère, c’est dans la rue, qu’ils l’ont tué… »

Puis une femme d’une cinquantaine d’année s’introduit dans le magasin, en lui montrant une petite pression, lui demandant si elle aurait la partie manquante de la pression (le pôle positif).
Il s’agit bien là de commerce de détail. Tsila ouvre les tiroirs gris ou elle entrepose son petit stock, elle extrait un tiroir pour le poser sur le comptoir. Elles se mettent à quatre mains, cherchant la pression qui pourrait compléter le jeu. La cliente trouve son bonheur et décide seule, que cela doit valoir un demi shekel, une pièce jaune qu’elle lui remet. En euro, je crois que ça doit équivaloir à la poussière d’une pièce de 20 centimes d’Euros. Tsila semble n'avoir que faire de cette pièce, elle n'est pas là pour vendre.
Quand la cliente sort, tsila me dit, « tu vois, ce que je fais, je suis là pour ça, pour faire des choses complètement inutiles, vendre des boutons à l’unité… »

« ...En fait je suis venue aujourd’hui ouvrir le magasin, parce que je voulais rassurer mes clientes, j’ai fait une chute la semaine dernière, en marchant dans la rue, et depuis cela m’est devenu très difficile de venir ouvrir, ne serait-ce que le trajet à pied de la maison. »
« Je viens pour ne pas rester seule, à la maison »

Une autre femme entre et lui demande cette fois une fermeture éclair, puis elle dirige son regard vers moi, elle me demande si je suis de la famille de Tsila, j’hésite un peu et lui répond:
« presque… »
Depuis une semaine, je passe chaque jour devant le magasin, il est toujours fermé. Il n'y a personne derrière le comptoir.
Mais cet après midi: lueur d’espoir, le vendeur de journaux d’à coté, m’a dit l’avoir vue ce matin, passer en coup de vent.
Alors que je lui demandais s’il connaissait Tsila, il a cherché à savoir si je le questionnais à son sujet pour pouvoir acheter le local de Tsila.
Cela semble surprendre que l’on puisse s’intéresser à une mercerie pleine de poussière, à une vielle femme de 85 ans qui est aussi mercière, aux vieux du quartier, aux vieux de la ville, à l'histoire humaine de ce pays.

mercredi 9 janvier 2008

In Front versus Backstage


vendredi 4 janvier 2008

Engagement amoureux?, Rues de Jaffa, 11H 45




Les grandes villes sont souvent décrites comme idéales pour les célibataires, cependant Tel-Aviv rejoint la liste des métropoles qui se retrouvent dans les histoires mythiques de la série "Sex in the city": beaucoup de rencontres, peu d'engagement.

S'inscrivant dans le cadre d'une véritable révolution sociologique, à savoir le Coaching dans tous les domaines de la vie ( carrière, look, éducation, alimentation, dresser une table,...), il est désormais possible de se former à des techniques de "dating" plus effectives, visant à je cite "développer et maintenir une relation sexuelle plus saine".

La "Date school" est un projet développé par le centre de psycho sexologie clinique de Tel-Aviv.

jeudi 3 janvier 2008

Le Congrès de Bâle: nourriture rapide et saine.


A l’effigie de Théodore Herzl, ce petit restaurant de rue, s’appelle Le Congrès de Bâle.
Comme dans beaucoup de villes du Moyen-Orient, la ville offre une multitude de petits restaurants avec pignon sur rue, où il est possible de manger "sur le pouce" (au sens propre et au sens figuré), différents types de sandwichs.
Ils sont souvent placés dans un petit sachet de papier cellophane très fin, et peu absorbant, à l’image des petites serviettes qui sont mises à votre disposition dans une petite boite en fer sur les tables et au comptoir.
A base de pain pita, avec à l’intérieur du Houmous, soit de la viande shawarma, soit du falafel (boulettes de pois chiches ou de fèves frites dans l'huile) soit tous les ingrédients mélangés avec encore des frittes, des carottes et des cornichons aigre doux, de la tehina (pâte de sésame), de la sauce piquante harissa, de la sauce jaune à base de curry ramenée par les Juifs de Perse, et encore et encore toute une gamme de possibilités et de combinaisons…

Un conseil: ne pas y aller quand vous débutez un « date », il est impossible de manger normalement une telle abondance et générosité d’ingrédients avec vos seuls 10 doigts.
Les 20 ou 30 serviettes utilisées simultanément pour reconstituer l’épaisseur d’une serviette en papier plus répandue dans les cocktails mondains, ou restos a l'européenne, ne suffiront pas à venir à la rescousse des fuites multidirectionnelles et inévitables.
S’arrêter pour manger dans une étape resto Humusseria, c’est tout « un trip », il faut le faire seul ou avec une bonne copine, il faut s’en mettre plein les doigts, cela fait partie du rituel.

Théodore Herzl n’a probablement jamais du goûter ce style de «nourriture maison ».

dimanche 30 décembre 2007

Nights in Tel Aviv: dissémination de matière sacrée parmi les profanes


Le livre des Psaumes ou Tehilim, se compose principalement d’hymnes et de louanges à Dieu, écrit par un Roi, le roi David.

Le livre des Tehilim est divisé en cinq parties, correspondant aux cinq livres de Moise (Torah). Il est également divisé en sept sections, correspondant aux sept jours de la semaine et en trente sections, correspondant au nombre de jours du mois.
Dans les commandements, il est coutume de lire la portion quotidienne des Tehilim, certains achevant de lire les 150 psaumes, chaque semaine ou chaque mois.
Cela est considéré comme une bonne action que d’inciter à lire, ou de lire les psaumes dans certaines occasions difficiles.

Dans les grands carrefours très fréquentés, à la sortie des autoroutes, les livres des Tehilim en format pocket, autres livres de prières, bougies du Shabbat et divers petits objets liturgiques sont distribués gratuitement ou contre charité si l’on y est disposé.

Moi, j’ai toute une collection de Tehilim édités en format miniature, que je trouve extraordinaires mais que je n’ai jamais vraiment lus.

vendredi 28 décembre 2007

Photo - Amulette: "Façon de se protéger", Jaffa, 10H00

mardi 18 décembre 2007

Engouement pour la Colline du Printemps


Ca y est, Tel-Aviv ne sera bientôt plus reléguée au rang des villes oubliées, parmi les endroits encore rares dans le monde, à l évocation desquels il est difficile d’associer une image, une ambiance, une couleur, une idée.
Dans l’esprit du curieux, et du tout va, l’iconographie des villes et des pays se construit au grés des reportages photos, magazines papier et TV, des documentaires, des expos dans les galeries, les livres d’images qu’on feuillette par hasard dans les librairies, les brochures et les sites touristiques. Ce sont aussi et surtout les voyages.

Ces images n’intéressaient pas, voir provoquaient la surprise des éditeurs et des magazines, à l’annonce d’un sujet sur cette partie du monde.
A ce jour, très peu d images fixes sur la VIE à Tel-Aviv, ont été diffusées en Occident. Peut être les éternelles images mythiques de cité balnéaire et de ville « qui ne dort jamais ». C’est peut être aussi parce que l'on a encore du mal à se l’imaginer, que les touristes n’ayant aucun lien (religieux, économique, diplomatique, familial) avec ce pays ne trouvaient à ce jour, que peu d'intérêt à venir découvrir cette ville et le pays auquel elle appartient.

Tel-Aviv aura bientôt 100 ans, la fabrication et la diffusion de son image dans les esprits d’ailleurs est en plein émoi, en construction, à l’image des transformations de la ville elle même.

Quand j’ai décidé de diffuser sur la toile quelques unes de mes photos sur Tel-Aviv, c’est parce que très proche de la France, j’ai été sensible au décalage du public francophone dans la perception de cette ville, voir surtout le cumul d’une grande méconnaissance aux images souvent tronquées.
L’idée de contribuer et d’inciter à une meilleure connaissance de cette ville n’a pas motivé mes clichés mais le travail différent (sur le web), auquel je me suis personnellement astreinte, afin de créer un photoblog dans ma langue maternelle, qui soit entièrement dédie à ma ville et qui tente de traduire une image fidèle de ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens au quotidien et que j’ai considéré opportun de partager avec le public.

Je reçois parfois des messages, d’inconnus ou d’anonymes, qui me donnent envie de continuer, en m’avouant ce qu’intuitivement j’avais saisi : ils évoquent la surprise de voir des couleurs, des gens qui marchent, qui vont au café, qui dansent, il pensaient voir la guerre, ils ont vu la VIE.
Quel plus beau cadeau aujourd hui, à la lecture des messages reçus de nombreux photographes Français, m’informant de leur projet de venir photographier Tel-Aviv, que de me laisser croire, au travers de leur compliments sur mon travail, que j’ai peut être contribué à ce nouvel intérêt parmi les capteurs d’images, ceux qui ont pour passion de raconter des histoires.

Mon blog me permet de suivre l’évolution des tendances vers ici bas, Tel-Aviv, semble en devenir une, et comme disait Léo Ferré :« c’est extra ».

Tel-Aviv fêtera bientôt ses 100 ans, on lui souhaite que ce nouvel engouement issu de la Camera Obscura (qui demeure le plus beau des hommages), ait comme principal souci de toujours traduire sa réalité, et de respecter son esprit.

"...Notre père qui êtes aux cieux'', Sud Tel-Aviv, 13h45


"Nous n'avons personne sur qui compter, si ce n'est notre père qui êtes aux cieux".

Dans le prolongement de mon post du 17 Octobre 2007 sur le phénomène des stickers, je viens de découvrir, un site internet (http://www.kefkefkef.com) en Anglais de stockage, d'échange et de partage de jeux éducatifs pour jeunes, qui propose un jeu autour du phénomène des messages politiques et professions de foie, prenant la forme de stickers sur les pare-chocs des voitures.

Le jeu propose de conduire une réflexion sur l'importance des slogans politiques, sur l'impact des slogans véhiculés au travers des stickers, sur les formes que prennent les activités politiques et l'importance et le rôle des mots dans la formation des idées et le ralliement des opinions.

lundi 17 décembre 2007

N'est pas femme qui veut: Jaffa 13h00





jeudi 13 décembre 2007

Peinture murale, Jaffa 14H38: Détails choisis





Détails d'une peinture murale à Jaffa, signée par "Association pour le dialogue et l'art intra-communautaire"

mercredi 12 décembre 2007

חנוכיה לי יש: Moi, j'ai une Hanukkiah ( chandelier à huit branches )


Paroles en Hébreu d'une chanson pour enfants à l'occasion de la fête de Hanukkah:

חנוכייה לי יש

מילים: שרה גלוזמן
לחן: ניסן כהן מלמד

חנוכיה לי יש,
צוחקת בה האש
ושחה לי בלאט -
על כד קטון אחד.

חנוכיה שלי
אורך נא העלי!

קרה אזי הנס
לעם אשר העז
ללחום אלי הדרור -
עמי הוא הגיבור.

חנוכיה שלי
אורך נא העלי!

עמד בצד הפך
הפך עם שמן זך
הדליקו בו האור
לשיר ולמיזמור.

חנוכיה שלי
אורך נא העלי!

ובהיכל דלקה
חנוכיה זכה
סיפרה בלאט לכל
כיצד פורק העול.

חנוכיה שלי
אורך נא העלי!

(sources: http://www.shiron.net)

dimanche 9 décembre 2007

Hanukkah 2007: La Chaise

dimanche 18 novembre 2007

Trilogie,au bord du Hayarkon, autour de 16h00



lundi 12 novembre 2007

rue Kalisher, 22h00, Projection publicitaire sur façade écletique


'' DISCRETION, FILATURE,..., INVESTIGATIONS FOCALISEES,
Photos et images vidéos".

mardi 23 octobre 2007

Sur les toits

lundi 22 octobre 2007

Scène 1, Take 2: « Arrivée sur l’embarcadère du port de Jaffa »


Le petit port de Jaffa est en plein chantier, bientôt il fera concurrence au nouveau port de Tel-Aviv. Ce petit port ( le plus ancien au monde ) est déserté, depuis les années 2000, début de la seconde Intifada. Il existe encore une activité de pêcheurs, mais la plupart des restaurants sont fermés. Quelques embarcations proposent un tour de bateau au large de la côte.

Ce groupe de jeunes filles, est en train de jouer une scène, illustrant l’arrivée en Palestine, de premiers immigrant venus d’Europe centrale. Ces jeunes filles sont issues d’un milieu "Haredi" (Juifs Orthodoxes: très religieux). A l’inverse de l’Opéra Chinois, où ce sont les hommes qui tiennent les rôles de femme, ici, ce sont les filles qui portent le « shtreimel » ( chapeau de fourrure, porté par certains hommes mariés, des milieux très orthodoxes, originaires des pays d’Europe de l’est ).
Hors du champ, c’est une fille de leur classe, tout aussi jeune, qui filme la scène.

dimanche 21 octobre 2007

Mausolée, Florentine, 9h30.

Le chofar est un instrument fait d’une corne d’animal, souvent de bélier. Il n’est pas donné à tout le monde de jouer du chofar, tel un instrument à vent, il requière entraînement, souffle et assiduité. Le son du chofar doit être entendu lors des fêtes de Rosch Hachana( nouvel an Juif) et Kippour( Grand Pardon). Apres les fêtes, il est précieusement rangé.

Dans une rue du quartier Florentine, cela fait des années que j’aperçois cet enchevêtrement de chofars, entourés de fleurs et babioles entre les barreaux en fer rouillés de la grille d’un commerce à l’abandon.
Ce matin, je me suis approchée de la sculpture, il s’agit d’une création libre: un monument au mort improvisé. Au milieu, est suspendu un écriteau sur bois, sur lequel il est indiqué : « Danger de mort, ne pas voler, ne pas toucher ».
Parmi quelques déclarations posthumes, il est inscrit en tout petit sur une pancarte de carton blanc : " אשת חיל מי ימצא " : " Heureux soit celui qui trouvera femme vaillante".

vendredi 19 octobre 2007

Vendredi avant l'entrée du Shabbat, place Dizengoff


jeudi 18 octobre 2007

Take a way

Souvent les boites aux lettres se situent à l’extérieur des immeubles. L’accès aux colporteurs y est donc totalement libre. Etre inondés par toutes sortes de pubs, annonces, dépliants et flyers, permet de suivre à la fois l’évolution des tendances dans le domaine de la publicité, et des dernières initiatives tous secteurs confondus (social, sport, spirituel, shopping, immobilier, sorcellerie, sectes, religions, enfance, éducation, sexe, massages, coaching, et surtout restauration). A Tel-Aviv, on apprécie de plus en plus la bonne bouffe, mais semble-il, on aurait de moins en moins le temps de cuisiner. Tout se livre à domicile: du jus de pomme frais, aux couscous.
Comme partout dans le monde la gente féminine, apparaît comme l’ultime argument promotionnel. Le choix qui consiste à photographier en frontal, une femme réduite à sa fonction de porteuse de sacs (aux normes du respect de l’environnement), dont la silhouette de dos serait sournoisement observée par un chevalier de la livraison express, révèle un argumentaire marketing autour duquel il est légitime de s’interroger.
A l’époque de la sophistication du marketing viral dans le virtuel, la publicité du réel, du papier, se caractérise elle, bien souvent, par un autre type de virus. Le virus de l’absence de brain-storming, de réflexion, l’inconsistance, la légèreté, parce que ce qui compte c’est la voie express, la voix express, l’immédiateté du sens.

mercredi 17 octobre 2007

De l’Art ou la Mort

A l’arrière des voitures, quand on ne comprend pas l’Hébreu, on remarque l’accumulation de stickers, avec toutes sortes de slogans écrits en différents caractères et différents logos. Puis une fois qu’on se met à lire l’hébreu, on comprend qu’il ne s’agissait pas là d’un épiphénomène, mais d’une véritable tribune politique. Les arrières des voitures, sont devenus des forums d’expression idéologique, là où la parole libère en concentré, ses expressions de colère, ses manifestations de soutient. C’est muni d’un véhicule motorisé qu’on joue pleinement le jeu de la démocratie.
A L' époque du démantèlement (désengagement), une variante au sticker est apparue, le ruban, le morceau de tissu accroché, aux antennes, aux rétroviseurs, et même aux sacs a mains. Orange vif: Contre, bleu : Pour.
Parfois ces manifestations laissent libre cours à l’humour, comme ici : « Faisons de l’art, ou mourir ».

Le groupe de musique pop "HaDag Nachash" (le poisson serpent) : qui choisi son nom de scène en faisant un jeu de mot avec la phrase du sticker que doivent arborer les nouveaux conducteurs : "Nahag Chadash"נהג חדש, a crée une chanson basée "שירת הסטיקר" (la chanson des stickers), sur un texte de l’écrivain David Grossman, tournant en dérision ce phénomène des stickers.
Les slogans politiques de mouvances radicalement opposées, sont juxtaposés les uns à la suite des autres en formes de paroles, créant ainsi un descriptif ironique de l’expression des opinions politiques en Israël.

Pour voir le clip: http://www.youtube.com/watch?v=GIbjpev6U5s

mardi 16 octobre 2007

Teletubbyland sur Tel-Aviv: Déconnecté de la réalité, quelle réalité ?



Les Teletubbies est une série télévisée britannique en 365 épisodes de 25 minutes, diffusée entre le 31 mars 1997 et le 5 janvier 2001 sur le réseau BBC
Cette série destinée aux très jeunes enfants (de 0 à 2 ans) met en scène les aventures de six personnages très colorés possédant une télévision sur le ventre.
Ils vivent à Télétubbyland, dans un dome futuriste (le "Tubbydome Supertronic") situé au milieu de pelouses peuplées de lapins et de périscopes qui parlent tout comme les fleurs.
Les Télétubbies se nourrissent de TubbiToasts, biscuits ronds avec un sourire, ou de TubbyDélice : sorte de boisson rose qu'ils boivent dans un bol à paille intégrée.
Parmi les personnages, il y a PO, elle est rouge et c’est la plus petite. Son excroissance est un cercle et elle possède une trottinette. C'est une fille.
En 1999, les Télétubbies ont été pris pour cible par l’écrivain américain Bret Easton Ellis, qui, dans un texte, les considérait comme "maléfiques", la série télévisée présentant, selon lui, l'image lénifiante d'un monde aseptisé et planifié, déconnecté de la réalité, né de l'hypocrisie des adultes et conforté par elle.
Depuis quelques années, une controverse accuse deux des Télétubbies d'avoir des tendances homosexuelles : les mâles et les femelles sont indissociables. Aux États-Unis, le conservateur chrétien Jerry Falwell accusa Tinky Winky d'être un « homosexuel révélé », entre autres, de par sa couleur mauve, associée au mouvement gay, et le fait qu'il traîne avec lui un sac à main, accessoire plutôt féminin.
Au Brésil, un professeur qui a mené des expériences concernant les réactions des enfants face à certains épisodes révéla leurs difficultés à différencier les genres des télétubbies et mis en avant leur propre identification aux personnages. Certains parents ont donc interdit à leurs enfants cette série télévisée.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Teletubbies

Depuis des mois j’aperçois cette voiture garée à différents endroits du quartier, avec toujours à son bord, parfois à la place du passager, parfois à l’arrière à coté du siège auto enfant, PO: la teletubbie rouge.
Il y a des parents qui ont fait de la poésie plus qu’un concept, une manière de vivre: une voiture aménagée en champs de fantaisies pour Monseigneur BEBE. C’est extra. Ca donne du charme à l’urbain, ça fait rire le badaud et ça se laisse prendre en photo (sans faire la grimace, sans méfiance, sans discours).
Voir Po en ballade, me permet également de me souvenir, de l’enfer de ce programme télévisé qu’on a encensé à la fin des années 90, à force de les projeter en boucle (cassette vidéo), pour que ma fille devienne très intelligente et douée et avec de l’intelligence émotionnelle en option, je me souviens encore m’être exprimée plus d’une fois avec un vocabulaire de fleur hypo active.
Visiblement la controverse a atteint tous les marchés, car en Israël aussi, le programme et les produits dérivés ont disparus, alors que cette série était apparue comme une révolution dans l’éducation et le ludique préscolaire.

lundi 15 octobre 2007

L' Avenir nous ferait-il peur ?


N’allez pas croire, je n’ai pas oublié mon blog, je suis juste atteinte de cette maladie qu’on appelle, je crois, la MTD pour Multi Tasks Disorder.

Aujourd’hui, je suis très heureuse car cela faisait quelques temps que je souhaitais m’intéresser de plus prêt au phénomène, semble t-il très féminin, des liseuses de cartes à Tel-Aviv.

J’entends dans mon entourage; celui du cercle des femmes du quartier, plus d’une qui me disent avoir recours aux services de femmes « coach » extraordinaires, capables de vous éclairer et de vous orienter dans les déboires et les incertitudes de la vie grâce à la numérologie, l’astrologie, le tarot…
Vers 10h00 ce matin, sur le trottoir, à la terrasse d' un café, j’ai surpris une liseuse de cartes en pleine consultation.
A l’entendre, la patiente souffrirait de difficultés financières, auxquelles il serait bon de mettre un terme, elle dit voir une maison très agitée, mais un homme, un seul, l’attend à l’étranger…

mardi 17 juillet 2007

La Crocs Attitude





« La crocs attitude » a conquis Israël depuis maintenant trois ou quatre ans.
Avant que celà ne devienne un phénomène de mode se rapprochant du port de
l’uniforme dans les dictatures soviétiques, je pensais que les personnes dont les pieds apparaissaient revêtus de ces nouveaux godillons, faisaient tous partie de la caste des jardiniers ou des cuisiniers.
Très vite, l’invasion marketing a conquis les esprits des parents, qui à une époque ne juraient que par les vertus de ces nouvelles spartiates en plastique fluo, pour la démarche et le confort de nos petits.
Puis les responsables de certaines crèches ont commencé à refuser le port de ces
chaussures au concept dit innovant, en raison du manque de soutien de la cheville et des chutes répétitives. Certains autres établissement scolaires n’acceptent que certains modèles commercialisés par la marque, ceux dont la lanière arrière dispose d’un bout renforcé, mais surtout pas les copies de la marque qui sont apparues, tout aussi vite sur le marché. Face à la résistance des parents, des débats, des réunions entre parents et personnel éducatif se sont organisés autour du thème de la chaussure Crocs.
Les adultes eux, libres et égaux en droits, ont dans l’ensemble massivement adopté le nouveau mode de vie que semble offrir la Crocs au pied.
C’est un succès national, le sabot des temps moderne est adopté par toutes les couches sociales, les âges, les sexes, même les personnes en fauteuil roulant. Cette chaussure aux couleurs toujours très vives, se porte en ville comme dans les champs, à la maison, sous la douche à la piscine, pour aller travailler, à l’exclusion du monde de la finance, de la banque et des avocats. En Israël on peut évoquer un véritable phénomène national, la chaussure aéronautique a réussi à remplacer la légendaire sandale de cuir reprise au temps des pionniers et présente dans la région depuis le temps des Romains.
On voit même se développer un autre type de démarche dans les rues, c’est le style crocs, l’allure crocs.
De mon coté, c’est en véritable idéologue que je me suis opposée à l’intrusion de ces bouts de silicone dans ma maison, jusqu'à ce qu’on offre une paire à ma fille, qui les avait demandé secrètement.
A ce jour, point vu de crocs en France, mais la marque semble vouloir conquérir le marché planétaire, il existe un site Internet spécifiquement destiné à la France. Très prochainement, je ne regarderai plus cette mode comme locale et j’ai hâte de voir la façon dont la French touch va intégrer ce nouvel accessoire et le nouveau style crocs des trottoirs de Paris.

vendredi 13 juillet 2007

Plage Dolphinarium, entre 20H00 et 21H00










Quand débute le Printemps, chaque vendredi, peu avant la tombée de la nuit, une fête s’improvise, aux bords des rochers de la plage Dolphinarium, au sud de Tel-Aviv.
Aux sons des tam-tams, Darboukas et Djembes, les esprits et les corps du tout venant s’abandonnent dans des effluves de danse, des performances en tout genre, des rencontres improbables. Certains appellent cette petite fête rituelle, la kabalat Shabath (réception du Shabath) du Dolphinarium.

jeudi 12 juillet 2007

Théâtre Habimah, 12h00

"Habimah n’est pas simplement une institution artistique. Ce théâtre est une pierre angulaire dans la renaissance de la langue et de la culture Hébraïque, il apporte une contribution essentielle dans le façonnement de la vie culturelle en Israël."
(A.B. Yehoshua, Amoz Oz, David Grossman, Yehoshua Sobol, dans une lettre au ministre de l’ Education, Avril 2005)

Le Théâtre National Habimah, est un rêve qui est né à Moscou en 1913, du temps de la Russie Tsariste.
Ses fondateurs, devenus légendaires: les acteurs Hannah Rovina et Aharon Meskin, sont comparés localement aux icônes de théâtre, Sarah Bernhardt et Lawrence Olivier.
En 1913, la troupe du théâtre Habimah donne sa première représentation à Vienne lors du 11e Congrès Sioniste Mondial (avant son établissement officiel en 1917).
En 1917, la révolution Bolchevique est en pleine action, l’étude de l'Hébreu est interdit. A l’initiative de quelques uns dont Hanna Rovina, un groupe de jeunes juifs très engagés dans la promotion de la langue et de la culture Hébraïques en Russie, se réunit dans un local d’arrière cours à Moscou. Alors que la Révolution Russe bat son plein dans les rues, de leur côté ce groupe mène une autre révolution plus discrete: consacrer les moyens de préserver et perpétuer la culture et la langue Hébraïques au travers d’un théâtre professionnel, vivant et d’avant-garde.
En 1922, Habimah produit Le Dybbuk, de S.Anski. Maxim Gorky acclame la représentation et le célèbre écrivain Russe prédit qu’un jour : « Ce petit et merveilleux bébé deviendra un jour, un géant glorieux. »
En 1926, sont bannies de Moscou, toute activités Sionistes ou en langue Hébreue. La troupe de théâtre part en tournée en Europe et aux Etats-Unis.
En 1928, la plupart des membres de la troupe Habimah arrivent en Palestine.
C’est en 1935, que commence la construction à Tel-Aviv, de ce qui deviendra le foyer permanant du théâtre National Habimah.
D’importants travaux de rénovation du complexe Habimah sont entrepris depuis 2006. Dans cet intervalle, les représentations ont lieu dans différentes salles de la ville ainsi qu’aux travers de tournées dans tout le pays, particulièrement dans les zones périphériques où les populations n’ont aucun accès au concept même de représentation théâtrale.
Le Théâtre national Habimah joue un rôle déterminant au sein de la société Israélienne, profitant d’une audience massive et diversifiée, il est considéré comme un lieu d’expression, un moyen de préserver la mémoire collective du pays et un outil dans la construction de l’ identité du pays.
Cependant, et j’exprime là un avis personnel, les auteurs et scénaristes de théâtre, issus des couches non Européennes étant encore rares, il est possible de noter que les oeuvres, bien qu’exprimant de plus en plus des problématiques liées à la société Israélienne contemporaine, font défaut quand il est question de l’héritage spécifique ou de la mémoire collective des juifs Israéliens, issus des pays non Européens.
D’un point de vue historique, cela touche à deux aspects de la sociologie juive:
- l’absence d’une tradition théâtrale au sein de la plupart des pays Arabes, à l’exception parfois, de certain pays colonisés d'Afrique du Nord, dont la culture fut infiltrée par les influences Européennes.
- quand les jeunes des communautés juives s’adonnaient à des activités théâtrales, cela se faisait dans une langue dite profane
- il ne pouvait exister de théâtre Hébreu, l’Hébreu n’était envisageable que dans sa fonction religieuse, liturgique, sacrée.

Pour revenir au théâtre Israélien, il faut tout de meme citer une exception de maître, « le Verger Séfarade », écrit par l’ancien Président d’Israël Yitzhak Navon.
Sous forme de comédie musicale, cette oeuvre largement inspirée de son enfance, raconte la vie au sein d’un quartier pauvre, traditionnel séfarade du Jérusalem des années 1930.
Les paroles des chansons, dont les mélodies ont été composées par Yehudit Ravitz, sont interprétées en Ladino ( dialecte judéo-espagnol des juifs expulsés d'Espagne).
« Le Verger Séfarade » (Boustan A Sefardi en Hébreu), revient à l’affiche du Théâtre Habimah, de façon saisonnière, depuis sa première en 1970.

lundi 9 juillet 2007

Neve Tsedek, 19H00

samedi 7 juillet 2007

Sderot à Tel-Aviv: Boulevard Rothschild, 14h30











"J'étais avec un ami dans un parc de jeux, on étaient sur des balançoires,
quand on a entendu l'alerte: '' couleur rouge, couleur rouge,", alors on a couru, on a couru, on a couru, on a couru,...", David, 9 ans, Sderot.


Depuis que j'ai écrit ce post, en Janvier 2008, un jeune homme courageux; Noam Beidin, a décidé d'aller vivre dans cette ville condamnée et de créer une agence de presse exclusivement consacrée à la couverture d'une tragédie moderne, qui n'intéresse particulièrement pas les médias internationaux, l'histoire de Sderot et ses environs.

La ville de Sderot n’intéresse pas les médias, les journalistes ne courent pas ses rues, au point qu’en Israël, un groupe d’étudiants d’une école d’art de Sderot a initié un projet d’installation artistique sur le boulevard le plus prestigieux de la ville de Tel-Aviv (Boulevard Rothschild), afin de sensibiliser le public de Tel-Aviv, la ville qu’on appelle « la bulle », sur le sort de cette partie du monde et dans l’espoir, peut être, d’initier un mouvement de solidarité.
Depuis ce Jeudi 5 Juillet, une cinquantaine de véritables roquettes lancées par le Hamas, à différents endroits de Sderot, sont installées dans le cadre d’une exposition de rue, au travers d’une série de reconstitutions de scènes de vie soudainement interrompues après que les obus aient atteint leur cibles hasardeuses.
Depuis sept ans la population civile de la ville Israélienne de Sderot, est devenue la cible privilégiée de tirs de roquettes
(missiles) lancées par le Hamas depuis la bande de Gaza, située à peine à 2 km.
L’alerte ("COULEUR ROUGE") qui prévient les locaux de l’arrivée d’une roquette, laisse 15 secondes pour pouvoir descendre dans les abris ou simplement s’abriter contre un mur.
Depuis Septembre 2000, 20.000 roquettes, ont été tirées sur la ville de Sderot, atteignant à chaque fois une cible que personne ne connaît à l’avance, ni l’agresseur tirant depuis les camps de tirs installés autour de Gaza, ni les habitants de la ville de Sderot, ville martyre, ville symbole d’un conflit où domine désormais, la tyrannie du terrorisme islamique international.
Depuis 2005 ( retrait de la bande de Gaza), l’état d’Israël a restitué les implantations situées dans les territoires de la bande de Gaza, espérant la sécurité et la paix. Cependant, depuis Août 2005, les missiles n’ont pas cessé de pleuvoir sur la ville israélienne et ses environs, dans la région du Néguev. En plus des morts et des blessés, ces attaques ont plongé une région entière dans l’isolement, la panique et le désarroi. En Mai 2007, en seulement trois jours, plus de 90 roquettes : « engins de ce genre », ont été lancés sur cette petite ville de 25.000 habitants.
"Par ses tirs de roquette sur Israël, le Hamas cherche à détourner l’attention des combats qui l’opposent au Fatah" (in Actualités France 2, Charles Enderlin, 21 Mai 2007).

Pour visionner des vidéos et des photos sur la situation actuelle à Sderot, pour la plupart, saisies et mis en ligne par des habitants de la région.

mercredi 4 juillet 2007

Rencontre hasardeuse, Harav Amiel street, Nord Tel-Aviv, 14H00

mardi 3 juillet 2007

Place Dizengoff, 15H00

lundi 2 juillet 2007

Promenade sur la mer, Tayelete, 9H00


Sur la promenade au bord de la plage de Tel-Aviv (la tayelette), un peu avant d'entrer à Jaffa, se trouve ce grand débarras. On pourrait croire en observant certains objets abandonnés ici, que l'histoire de ce lieu remonte aux années 1950. Dès que j'ai commencé à photographier, un homme plutôt jeune et à l' allure négligée, est apparu, en descendant les marches de l'escalier au fond à droite. Il m'a demandé avec un air suspicieux, si j'appartenais aux services de la mairie.
L' interrogeant sur sa méfiance, il m'explique qu'il est propriétaire de cet espace, il y tenait un café, tombé en faillite depuis 2000, au début de la deuxième intifada. Il cherche " repreneur ". Il n'a pas souhaité figurer sur mes photographies. Je ne me suis plus sentie à l'aise et libre pour continuer mes clichés. Tel-Aviv est une petite ville et les gens sont en général, très curieux. L'autre soir, j'ai senti quelqu' un derrière mon dos, il découvrait en même temps que moi les clichés que j' observais sur le moniteur de l'appareil et s'est mis a formuler toutes sortes de commentaires. Il y a deux jours, alors que je photographiais une vue du ciel, une vielle femme me crie:" alors, tu as réussi à la prendre, la lune, je peux voir ta photo...?".

dimanche 1 juillet 2007

Place Suzann Dellal, Neve Tsedek, 19H15


vendredi 29 juin 2007

Halaïla Halavan: La Nuit Blanche de Tel-Aviv: Puces de Jaffa, entre 1H00 et 2H00








mercredi 27 juin 2007

Les mariés de Neve Tsedek, 19h00



Le quartier de Neve Tsedek dans le sud de Tel-Aviv, offre un décors naturel très recherché par les photographes de mariages. Aux allures de petit village méditerranéen, avec ses ruelles étroites en forme de labyrinthe, ses maisons basses aux couleurs ocres et volets en bois, les orangers, les oliviers, Neve Tsedek est également un quartier très apprécié par les touristes Européens et locaux pour son cachet historique. A Tel-Aviv nombreux fréquentent le quartier pour les spectacles de danse présentés au théâtre Suzann Dellal (ici, mariée, suivie par son cameraman au milieu de la foule sortant du théâtre) et au théâtre de danse ethnique Inbal. Tous les jours ouvrés de la semaine, aux heures où la lumière commence à décliner, ce sont des dizaines de jeunes mariés qui déferlent avec leur producteurs, cameraman, photographes, maquilleurs, assistant réalisateur, témoins, amies de la mariée, pour s'adonner aux pauses les plus délirantes, stratégiquement suggérées par les preneurs d'images.
Parfois il y a la queue pour pouvoir saisir le même cliché sur le même site.
Depuis des années j'assiste avec délice à ce cérémonial, en me demandant si les mariés se doutent qu'avant eux, des milliers d'autres mariés ont pris les mêmes pauses, aux mêmes heures, aux mêmes endroits avec les même photographes. Tel un divertissement pour le profane, ces séances photos sont devenues partie intégrante de la vie de quartier pour les locaux. Souvent les mariés qui se laissent entraîner dans ce rituel photos, n’habitent pas Tel-Aviv, ils découvrent à cette occasion tant le quartier que d’autres mariés à l’album photos similaire. Souvent les mariés qui se font tirer le portrait dans ce quartier manifestent un goût très prononcé pour le clinquant.
La périphérie versus le centre ?
Les mariés sans gel dans les cheveux, aux pieds nus et aux habits en lin de couleur blanc pale, ont aussi leur propres rituels photos, mais cette fois ci, sur la plage ou devant les vaches au kibboutz.
La périphérie se fait photographier au centre, le centre se fait photographier à la campagne. Tout est question de mode et d’angles de prise de vue. Mais ce qui est certain, c’est que dans un si petit pays, les « locations » (sites de tournages) se forgent une réputation trop rapidement.

mardi 26 juin 2007

Hakoveshim street, 22h00

lundi 25 juin 2007

De mon toit, 20h30



L'utilisation de l'énergie solaire est inscrite dans l'histoire et le développement d'Israël.
Les toits des immeubles de Tel-Aviv laissent place à une iconographie devenue célèbre: les ballons d’eau chaude et les panneaux solaires. L’hiver, les ballons à eau chaude sont alimentés par une résistance électrique, commandée par un compteur installé dans la plupart des maisons. L’été c’est l’énergie solaire qui est brillamment réutilisée pour chauffer l’eau.
Quand je suis venue vivre à Tel-Aviv, j’ai oublié de m’inscrire à un cours sur l’énergie solaire, les capteurs photovoltaïques, l’alimentation des ballons d’eau chaude, l'allumage des compteurs d’eau. J’ai à mon passif trois ou quatre ballons d’eau chaude qui ont explosé en Hiver, provoquant des fuites et inondations sur notre toit. Le compteur chez moi, est resté allumé pendant quelques années, sans que je prenne le temps de comprendre son utilité ou son fonctionnement. La réflexion, supposé qu’il y en avait une: c’était de me dire, ce compteur est installé à
l’intérieur de la maison, il doit avoir une fonction très utile, c'est ainsi que le bouton rouge est demeuré sur ON de façon continue, pendant les premières années d'apprentissage de nouvelles habitudes ménagères. Bien qu’Israël soit le leader mondial de l’énergie solaire, je lis que seulement 3% de l’électricité consommée en Israël est issue du solaire.
Un projet de développement dans un village Arabe de la région du Néguev offre un bel exemple des réponses économiques et écologiques apportées aux besoins en énergie.

dimanche 24 juin 2007

Quartier Florentine, 17HOO




samedi 23 juin 2007

Affaires privées: nettoyages et déchets

Rambam street, 18H00

Lahish street, 17H00

Yehuda Maccabi street, 12HOO

vendredi 22 juin 2007

Fête de la musique à Tel-Aviv







Hier soir la France était à l’honneur sur le boulevard Rothschild.
Célébration de la fête de la musique autour de quelques petits concerts, ici la chanteuse Israélienne Corinne Allal, qui chante également en Français.
L’inauguration du nouvel institut Culturel Français de Tel-Aviv, au sein d’un sublime immeuble Bauhaus, acquis par la France, à l’angle des rues, aux noms très symboliques, Rothschild-Herzl.
Sur l’artère piétonne du Boulevard Rothschild, devant le nouvel institut, une ambiance villageoise et familiale, l’atmosphère m’a rappelé les fêtes de villages si poétiquement illustrées dans le livre pour enfants de la collection « MARTINE et la fête au village ». On peut, peut être regretter le fait que peu d’autochtones non francophones, aient pu profiter de ces réjouissances. Faute de communication massive ou du fait de la confusion avec la Leila Halavan ( Nuit Blanche) qui sera elle, célébrée Jeudi prochain, en l’honneur du patrimoine architectural Bauhaus de la ville de Tel-Aviv.

jeudi 21 juin 2007

Liberté de déplacement: La vie








mercredi 20 juin 2007

Surrealism and Beyond

Man Ray, Indestructible Object, 1923/1963, Assemblage: metronome and phtograph

Mieczyslaw Berman, Polonais 1903-1975
Sans titre, 1965, Photomontage


Man Ray, Venus restored, 1936/1971, Assemblage: plaster cast and rope


Jérusalem est à 40 minutes de Tel-Aviv. Bien souvent les gens de Jérusalem ne mettent jamais les pieds à Tel-Aviv, bien souvent prononcer à Tel-Aviv, ne serait-ce que le nom de Jérusalem c'est évoquer un "Orient Lointain". Ces deux villes se perçoivent comme des antithèses, ces deux villes sont facilement perçues et présentées comme des antagonistes, ces deux villes ne se connaissent pas, ne se rencontrent pas, ne se fréquentent pas. Au sein d'Israël, elles symbolisent chacune des mondes, que l'opinion pense, que l'opinion vit comme deux univers inconciliables, hermétiques l'un à l autre, aux frontières rigides. En dehors d’Israël, quand on veut symboliser facilement "ceux qui seraient dans le camp de la paix" en opposition à un monde "obscur de barbus extrémistes", on cite facilement ces deux villes comme les symboles extrêmes d'idéologies et de courants d'idées diamétralement opposés. Souvent c'est la peur, et la méconnaissance totale de ce qui se "passe la bas" qui nourrit les fantasmes et les mythes de chaque côté des deux villes.

Le musée d'Israël, à Jérusalem, présente en ce moment, une exposition exceptionnelle sur les mouvements Dada et Surréaliste. L'exposition clôture à la fin du mois, mais elle mérite qu'on s'y précipite. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le musée est ouvert samedi, jour du Shabath.

lundi 18 juin 2007

Rue Montefiore, 19H15

La rue Montefiore traverse les rues Allenby et Nachalat Benyamin. Elle fait partie des rues historiques de la ville, qui marquent la naissance et le développement de Tel-Aviv dès 1909. Essentiellement initié par des gens venus des grandes villes d’Europe, on retrouve dans le courant architectural du Tel-Aviv de cette époque des influences du mouvement Art Nouveau et du style néoclassique. Comme son nom l’indique, le style éclectique consiste en un mélange de styles, qui tend parfois à intégrer aux ornements du style Art Déco des formes d’inspiration Ottomane comme les fenêtres en ogive. Ces maisons étaient pour la plupart des demeures de bourgeois ou des hôtels, appartenant et habitées par une petite élite locale.
Ce style s’interrompt au début des années 1930 pour laisser place à un autre type d’urbanisation planifiée: le Bauhaus ou style international, dont la mission est d’apporter une réponse rapide et adaptée tant aux besoins en logement d’une ville en plein développement qu'au climat local.

Sir Moise Montefiore, est né en 1784 à Livourne, en Italie, originaire d’une famille Juive Sépharade, qui s’établit plus tard à Londres. Diplomate et homme d’État Anglais, il fut un philanthrope et un médiateur infatigable pour la défense des droits et du statut des juifs durant tout le 19e siècle.
Entrepreneur et homme d’affaires, il fonda, notamment une compagnie de gaz, qui introduisit l’éclairage dans beaucoup de villes parmi les plus importantes d'Europe.
En 1837, il fut élu maire de Londres. La même année, la reine Victoria, qui venait de monter sur le trône d'Angleterre, l’éleva au rang de chevalier " Sir " et en 1846 lui accorda le titre de baron en reconnaissance de ces nombreuses actions humanitaires en faveur des populations juives. Il occupa une place de premier plan tant dans les sphères politiques et sociales qu’au sein de la communauté Juive.
Il a contribué par ses fonctions politiques et son influence à oeuvrer de façon déterminante en faveur de l'adoption de l'acte d'émancipation des juifs d'Angleterre en 1858, leur accordant l'égalité des droits.
Lorsqu’en 1840 éclate l’Affaire de Damas, accusant faussement les juifs locaux de crimes rituels, Sir Moise Montefiore s’illustrera par son intervention.
Poursuivant une initiative personnelle, il se rend aux côtés de Adolphe Crémieux, en Egypte, pour solliciter la libération des personnes juives emprisonnées et torturées de façon arbitraire à Damas, sur le fondement de rumeurs et d'allégations sensationnelles. Sir Montefiore obtiendra par la suite du Sultan en place, la proclamation d’un décret de protection des juifs de l'Empire Ottoman contre les accusations de crimes rituels.

dimanche 17 juin 2007

Nachalat Benyamin Street, rue piétonne: Installation ?

samedi 16 juin 2007

Les voisins d'en face

vendredi 15 juin 2007

Brocante de la place Dizengoff, 14H00


Chaque vendredi, la place Dizengoff prend les allures d’un fabuleux petit marché à la brocante. Souvent âgés, les teneurs de stands, femmes et hommes, ont souvent l’étoffe des héros de romans ou des livres d’histoire. En traversant les allées, on entend toutes sortes d'anecdotes sur le vieux Tel-Aviv, au fil des explications livrées autour des objets, des vieux livres, des photos ou des cartes postales. Il y règne une atmosphère caractéristique de la bohème de Tel-Aviv, une atmosphère nostalgique qui rappelle la vieille Europe. Certains stands dégagent une bonne odeur de moisi, de renfermé, celle qui évoque le temps qui a passé, la magie des choses qui ont vécu, qui ont traversé le temps et qui témoignent au travers de leur fonction et de leur époque, des bribes d'histoire et du mode de vie des gens de la ville et du pays. Parfois, ce qui rend les vieilles reliques, les vieilles photos merveilleuses, c'est que grâce à elles, la notion du temps prend tout son sens, l'Histoire de la ville et de ses immigrants devient palpable.

jeudi 14 juin 2007

Le triangle d'or: carrefour Allenby-Nachalat Benyamin-King Georges, 19HOO

Ce carrefour au centre de la ville fait partie des incontournables.
Tout d’abord c’est ici que se croisent les rues les plus pittoresques et les plus vivantes de la ville: la rue en partie piétonne Nachalat Benyamin, la rue Shenkin, la rue King Georges, la rue Allenby et la rue du marché ( Shuk) Carmel. La rue Sheinkin est connue pour ses boutiques de mode, ses échoppes de jus de fruits naturels, ses cafés branchés, mais surtout ses hordes de jeunes et d’originaux en tout genre, surtout le vendredi. La rue est traversée tout le long par des petites cours ou des petites allées perpendiculaires qui offrent toute sortes de boutiques de fripes et cadeaux incroyables. Avant qu’ils ne déménagent sur la rue King Georges, pendant des années le vidéo club du cinéma du monde et indépendant « haozen hashlishi » (la troisième oreille) était mon point de repère sur cette rue. On trouve de nombreuses boutiques qui s’inscrivent dans le courant spirituel très en vogue, offrant un choix de pierres aux vertus dites magiques, apaisantes, assainissantes. Avec la rue Nachalat Benyamin, cette rue est le temple de toute une génération au style qui rappelle le mouvement hippie des années 70. Souvent partis en Inde pour de longs séjours, après leur service militaire, ils reviennent avec une envie de reproduire le même mode de vie que sur les plages de GOA, une soif de spiritualité, et une quête de sens, liées selon moi, aux difficultés de la situation au Moyen Orient. La rue Sheinkin est passée du quartier général des intellos et artistes de gauche dans les années 1960-70, à une rue célèbre pour l’excentricité des gens qui s’y promènent , la drague dans les terrasse de café et la créativité d’une jeune génération montante de stylistes de mode et d’accessoiristes locaux. Le stylisme est en plein essor en Israël, la plupart des jeunes fashion designers sont issus de l’école Shankar au nord de Tel-Aviv. L’école a reçu récemment Donna Karan (DKNY) dans le cadre d’une série de formation. Des cycles de conférences sur l’histoire de la mode Israélienne sont organisés au musée de Eretz Israël à Ramat Aviv (quartier nord de Tel-Aviv).

mercredi 13 juin 2007

Terrasse de café au masculin

Il y a deux semaines, un vendredi, en fin de matinée, le jour des terrasses des cafés à Tel-Aviv. J’avais repéré par hasard, l’un des deux candidats à la direction du parti travailliste, mais ce sont les "vieux beaux"de la table au premier plan, qui se sont intéressés à moi, sachant que je ne m’intéressais pas à eux.
Il y a beaucoup de "vieux beaux" qui s’attablent dans les cafés des quartiers aisés de Tel-Aviv. Ils ont souvent en commun, une allure très soignée, un corps très bien conservé, des tee-shirts et des jeans aux marques très branchées, et affichent un air qui semble dégagé de tout souci. Ils s’attardent souvent dans les terrasses de café et se retrouvent entre copains pour pouvoir ensemble, arrêter longuement leur regard sur les filles de 30 ans de moins qu’eux. On les voit rarement assis avec des femmes de leur âge aux terrasses.
Ce jour là, le candidat aux primaires du parti travailliste ne faisait pas partie de la table des "vieux beaux", plongé dans une discussion, il était lui, entouré de deux autres hommes, des gardes du corps.

mardi 12 juin 2007

Princesse au petit pois: vitrine Frishman street, 19H00

lundi 11 juin 2007

La garde: terrasse de café, Ibn Gvirol street, 15H45


A l’entrée de chaque café, de chaque bâtiment institutionnel, médical, commercial, des écoles, des parkings, à l’entrée de tout lieu fréquenté par le public, veille un gardien.
Ils font partie de notre quotidien, on ne leur dit pas forcément bonjour, on ne les voit plus, parfois ils se fondent dans le décor des endroits dont ils ont la charge de surveiller la nature des flux. Parfois ils ont la possibilité de s’asseoir, souvent ils sont postés debout à l’entrée. Ils inspectent l’intérieur des sacs, observent les regards, les intentions, les attitudes, le sens que peut avoir notre langage corporel. En général, ils perçoivent pour cette activité, une rémunération très modeste et une couverture sociale aléatoire. Il travaillent soit directement pour le compte de l’espace gardé, ou sont employés au sein d’une entreprise de gardiennage. Ils sont souvent issus des couches de l’immigration Russe ou Ethiopienne.

dimanche 10 juin 2007

Lecture sur fond d'effusions: Abravanel-Florentine streets corner

De voir cet homme lire dans la rue, m'a fait prendre conscience que l'on ne voit pas souvent des gens lire dans les rues de Tel-Aviv. Pourtant les Israéliens lisent beaucoup. Venant d'une ville comme Paris, cela représente un grand changement visuel. Je me suis demandée quelles pouvaient en être les raisons. La chaleur torride, l'absence de grand parc aux allées ombragées et aux allures romantiques. Bien que la culture du café soit très présente, on ne va pas au café pour lire, on y va pour travailler, pour parler, pour rencontrer, pour être ensemble. Dans le bus non plus les gens ne lisent pas beaucoup, la presse peut être mais pas de roman. L'actualité peut changer d'une minute à l'autre, c'est l' actualité qui domine les esprits. Peut être que l'activité de lire est une activité bourgeoise, de ceux qui ont le temps. Or en Israël pour finir les fins de mois, quand on a du temps on exerce parfois deux, trois métiers différents. Mais je pense que cela a à voir aussi avec la culture méditerranéenne, où lorsque l'on sort pour être dehors, c’est pour être avec les autres, pour parler, pour partager. Puis, il y a aussi les restes d’une culture marquée par les valeurs communistes; ici on a été habitué à des expériences collectives, les valeurs et les comportements individualistes ne sont apparus que ces dernières années. Par exemple, moi il ne me vient plus à l'idée de prendre un livre ou un journal lorsque je vais au parc avec mes filles, on est sans cesse interrompu par les autres, qui pensent probablement que l' isolement est un isolement subi et non choisi.

samedi 9 juin 2007

Conversation sur le Bauhaus

vendredi 8 juin 2007

"Le coin des voeux'', Fée de la place Dizengoff, 14H00




Le vendredi est un jour enchanteur, dans les rues du cœur de Tel-Aviv. Tous les héros, les artistes, les personnages magnifiques jaillissent de dessous leurs buissons de la semaine. Tous les vendredis matins, quand commence le week-end, une petite brocante se tient sur la place Dizengoff. Aux alentours, on voit surgir des scènes de bandes dessinées. Aujourd’hui, j’ai croisé sur mon chemin, une fée qui s’est installée près d’un arbre pour vendre des petites figurines en porcelaine, des petits caractères de comptes de fée. Elle propose également un coin où l’on peut s’asseoir, pour venir exprimer ses vœux. J’ai pu voir le premier badaud, s’informer sur ses pouvoirs.

jeudi 7 juin 2007

Ben Gourion Street, 19H45

Le Boulevard Ben Gourion débute au niveau de la mairie de Tel-Aviv pour rejoindre la marina et les plages du Nord.
Le Boulevard Ben Gourion fait partie de ces larges artères verdoyantes, très agréables en journée, grâce aux espaces ombragés qu’offrent les nombreux arbres touffus.
Une voie réservée aux cyclistes, des petites aires de jeux pour enfants et deux ou trois kiosques où l’on peut s’arrêter prendre un verre ou un sandwich, contribuent au charme de ce boulevard.
Au numéro 17 du Boulevard, on peut visiter l’ancienne maison du premier, premier ministre d’Israël, qui y vécut jusqu'à son départ au kibboutz Sde Boker, dans la région du Néguev, en 1953. Ben Gourion lisait dans de nombreuses langues et s’intéressait à un nombre impressionnant de disciplines : histoire, zoologie, philosophie, psychologie… La maison transformée en musée ouvert au public, a conservé les meubles, les objets du couple ainsi que leur disposition d'origine. La bibliothèque comprenant 20.000 volumes, le bureau, les lettres manuscrites rendent la visite vivante et passionnante. Pouvoir ainsi pénétrer dans l’univers personnel du fondateur de l’état, permet de mieux comprendre l’homme et toute une époque.
Maison Ben Gourion, Tel : 03 522 10 10

mercredi 6 juin 2007

''Veuillez toucher" leur monde


La troupe théâtrale Na Lagaat («Veuillez toucher») réalise une première mondiale: réussir l’exploit de faire jouer sur scène des acteurs à la fois sourds, muets et aveugles. Pour la plupart, les comédiens sont atteints du syndrome de Usher, maladie génétique qui prive progressivement de la vue les malentendants,à partir de l'age de douze ans. La troupe qui a débuté ces représentations il y a moins de 4 ans, s’est déjà produite aux Etats-Unis, au Canada et en Suisse.
Les représentations ont lieu dans différents théâtres en Israël, demain la troupe se produit dans la banlieue Nord de Tel-aviv, mais les réservations sont bouclées. L’association qui gère la compagnie, va inaugurer très bientôt, dans la vieille ville de Jaffa, un centre expérimental réunissant à la fois un lieu de représentation permanant pour la troupe et un restaurant où les repas seront servis dans le noir par des serveurs aveugles.
En attendant l’ouverture de ce projet admirable, je vous renvoie à l’article de Nathalie Harel, qui m’a permis d’écrire ce petit post, paru ce mois ci dans la Revue l’Arche, en vente dans les kiosques en France. Ainsi que le site internet de la troupe Na Lagaat : http://www.nalagaat.org.il/, offrant une version en Anglais.

mardi 5 juin 2007

Malkhey Yisrael street, la rue "les Rois d'Israël", 19h00


Le nom des rues sont toujours affichés avec 3 alphabets: l’Hébreu, l’Arabe et la transcription phonétique en lettres latines.
La rue « les Rois d’Israël » longe la place Rabin, qui portait le même nom avant le meurtre de Itzhak Rabin en 1995.

Dès que je me suis mise à photographier ce grille-pain abandonné, une jeune fille avec casque, sur son scooter est passée devant le champ, sur le trottoir, et s’est postée devant la borne électrique. Elle me demande si le grille-pain m'appartient. Je lui réponds par la négative et la prie de se déplacer avec son scooter, car je voudrais prendre un autre cliché. Elle me demande si je sais à qui il appartient. Je lui dis que je n’en sais rien, qu’il était posé là. Je ferme mon appareil, elle attend à côté, elle fait avancer son scooter au ralenti, elle soulève son casque, elle est très jolie, elle prend le grille pain, l’observe et l'introduit dans un sac en plastique accroché au véhicule.
L’acte de photographier donne t-il de l’intérêt aux choses ???!!!!
En tout les cas cet objet ne fait désormais plus partie du domaine public.

lundi 4 juin 2007

Frishman street, 18h34


dimanche 3 juin 2007

Rayures




samedi 2 juin 2007

Ibn gvirol street, 14h00




vendredi 1 juin 2007

Pédicure-manucure: Ibn-Gavirol street, 16h00

C’est le vendredi que débute la fin de semaine en Israël.
Nombreux travaillent jusqu’en début d’après-midi, ne bénéficiant ainsi que d’un jour et demi, voir un jour réel de repos par semaine. Le vendredi, c’est le jour des courses, des démarches administratives, de la préparation du Shabath. A Tel-Aviv, c’est surtout le jour des cafés, du coiffeur et des soins en tout genre. La manucure pédicure s’est institutionnalisée. On va se faire limé et laqué comme on va faire ses courses. La ville regorge de petits salons, avec ses habitudes, sa clientèle fidèle, ses codes et ses secrets. Les conversations et situations qui s’y déroulent offrent des sources d’informations et de connaissance de la vie Tel-Avivienne qu’il est impossible de recueillir ailleurs. Comme dans un boudoir en retrait de l’animation centrale, ce sont les secrets, les intrigues, les drames, les tribulations du genre humain qui se livrent sans tabou, au plus grand bonheur des curieux. Contrairement aux idées reçues, les hommes et les personnes âgées profitent également de cet art. La rue Ibn-Gavirol, artère centrale traversant la ville du nord au sud, est remplie de ce genre de petits salons de beauté et dont les praticiennes sont devenues les thérapeutes de la ville.

jeudi 31 mai 2007

Journée sans tabac: Place Rabin, 17h30

mercredi 30 mai 2007

Rue Florentine

La rue Florentine a donné son nom à l’un des quartiers les plus branchés de Tel-Aviv, le quartier Florentine. David Florentine, 1876-1941, a présidé le mouvement Sioniste de Salonique, en Grèce, avant d’être contraint de fuir la Grèce, pour venir s’installer à Tel-aviv, où il a occupé des fonctions politiques au niveau local. Ce quartier fut construit par des juifs de Salonique, qui ont réussi à fuir les rafles nazies pendant la seconde guerre mondiale.
Quartier d’artisans, populaire et traditionnel d’un point de vue religieux, Florentine est en train de devenir le "Village" de Tel-Aviv, avec ses cafés, restaurants et communautés d’artistes.

mardi 29 mai 2007

La city de Tel-Aviv


Les quartiers du Nord de Tel-Aviv se prolongent sur la ville de Ramat Gan, dont le quartier des affaires,aux allures de New-York, est en fait considéré comme la City de Tel Aviv.
Ramat Gan qui veut dire « les hauteurs du jardin » était une petite ville, très verte et remplie de champs agricoles, avant que l’urbanisation et le développement économique n’en décident autrement.
Traditionnellement, on appelle ce quartier le quartier de la bourse du diamant, dont les activités sont concentrées dans une tour. Beaucoup de sociétés High tech se sont ensuite développées dans les nombreux grattes ciel tout autour, formant ainsi un noyau d’affaire.
Dans la rue Touval, DOMINIQUE, un restaurant-traiteur Français, nous offre le plaisir immense de retrouver les saveurs uniques des sandwichs, à la baquette croquante, aux feuilles de laitue fraîches et des quiches, façon Française.
C’est la nuit que ce coin de la ville devient intéressant d’un point de vue visuel.

lundi 28 mai 2007


La Grande Synagogue de Tel-Aviv, sur la rue Allenby, se trouve dans un quartier de la ville où se concentrent beaucoup de bâtiments de la même époque. Construite en 1926 puis rénovée en 1970, cette synagogue est toujours active et est essentiellement fréquentée par des personnes âgées du quartier, en dehors des fêtes importantes. Les vitres du bâtiment offrent de nombreux vitraux qui sont une reproduction des vitraux de fenêtres de synagogues Européennes, détruites durant l’holocauste.
On trouve à Tel Aviv près de 500 synagogues dont 350 sont en service actuellement.

La ville de Tel-Aviv organise une visite guidée ( pour les groupes) de certaines synagogues de la ville.
L’ Association pour le tourisme de Tel-Aviv-Jaffa a ouvert un bureau près des plages de Tel-aviv: TEL-AVIV PROMENADE, 46 Herbert Samuel Street,Telephone: +972 3 5166188

dimanche 27 mai 2007

Mobiles

Cela fait plusieurs mois déjà, que j’aperçois à différents endroits de la ville, plutôt dans les quartiers branchés et jeunes du centre et du sud, une à deux paires de chaussures à lacets ainsi suspendues aux fils électriques.Ce sont toujours des chaussures de sport ou de marches, et cela ne semble pas attirer l’attention, ni surprendre les gens du quartier qui semblent s’y être habitués.
Lorsque je repasse une à deux semaines plus tard, souvent l’emplacement a changé, ou ce sont d’autres modèles qui sont suspendus ou bien elles disparaissent pour réapparaître un mois plus tard.

Si quelqu’un sait de quoi il s’agit, merci de me livrer les secrets de ces mobiles.