mercredi 2 mai 2007

La calèche du XXI siècle: « Vieilles choses » : Allenby- Ben yehuda streets, 11h00


Ce type de calèche se promène, une à deux fois par semaine, dans tout Tel-aviv, avec toujours deux cochers à son bord. L’un deux crie à la cantonade, de manière répétitive : « Alti zachen, alti zachen, alti zachen ». Cela m’a pris quatre ans avant de comprendre que cette phrase signifie en langue Yiddish : « vieilles choses ». Normal je ne parle ni l’Allemand, ni le Yiddish. Ce système privé de récolte et de récupération des vieux objets et jetés dans les rues, date du début du siècle. Une fois que je souhaitais en faire le sujet d’un petit film documentaire dans le cadre de mes études, celui qui m’enseignait réagit avec moquerie à mon idée. Comment pouvais-je m’intéresser à des choses aussi insignifiantes, en Israël et au moyen orient. Pour lui le simple fait que ces calèches appartiennent à des personnes qui en font leur commerce ou se contentent de les redistribuer dans leur entourage proche, empêchait toute fascination ou intérêt quelconque pour le phénomène.
Il ne comprenait pas, que tel le voyageur, le regard de celui qui arrive d’ailleurs se porte, s’arrête, en tout premier lieu sur les choses qui lui sont totalement étrangères. Que ces apparitions du quotidien, font partie de notre vie, comme la corruption et l’éducation à la dérive de notre pays.
Moi ça m’a intrigué ces calèches d’un autre temps qui circulaient dans la ville à cheval, en criant des mots dont je ne cessais d’essayer de comprendre le sens, pensant que c’était de l’Hébreu.
Un jour que je leur cédais un vieux four, je remarquais un couvre lit de type boutis en très bon état. Ils me l’ont offert avec grand étonnement: une femme à l’accent Français qui fait les poubelles, quel drôle d'idée. Pour moi, c’est comme si je l’avais récupéré dans une vielle brocante, que je n’ai plus le plaisir de fréquenter ici.

1 commentaire:

David a dit…

Je viens de decouvrir ton blog, tu nous donnes une perspective originale de Tel Aviv et Israel. des fois il faut aussi savoir regarder aussi par le petit bout de la lorgnette...