mercredi 27 juin 2007

Les mariés de Neve Tsedek, 19h00



Le quartier de Neve Tsedek dans le sud de Tel-Aviv, offre un décors naturel très recherché par les photographes de mariages. Aux allures de petit village méditerranéen, avec ses ruelles étroites en forme de labyrinthe, ses maisons basses aux couleurs ocres et volets en bois, les orangers, les oliviers, Neve Tsedek est également un quartier très apprécié par les touristes Européens et locaux pour son cachet historique. A Tel-Aviv nombreux fréquentent le quartier pour les spectacles de danse présentés au théâtre Suzann Dellal (ici, mariée, suivie par son cameraman au milieu de la foule sortant du théâtre) et au théâtre de danse ethnique Inbal. Tous les jours ouvrés de la semaine, aux heures où la lumière commence à décliner, ce sont des dizaines de jeunes mariés qui déferlent avec leur producteurs, cameraman, photographes, maquilleurs, assistant réalisateur, témoins, amies de la mariée, pour s'adonner aux pauses les plus délirantes, stratégiquement suggérées par les preneurs d'images.
Parfois il y a la queue pour pouvoir saisir le même cliché sur le même site.
Depuis des années j'assiste avec délice à ce cérémonial, en me demandant si les mariés se doutent qu'avant eux, des milliers d'autres mariés ont pris les mêmes pauses, aux mêmes heures, aux mêmes endroits avec les même photographes. Tel un divertissement pour le profane, ces séances photos sont devenues partie intégrante de la vie de quartier pour les locaux. Souvent les mariés qui se laissent entraîner dans ce rituel photos, n’habitent pas Tel-Aviv, ils découvrent à cette occasion tant le quartier que d’autres mariés à l’album photos similaire. Souvent les mariés qui se font tirer le portrait dans ce quartier manifestent un goût très prononcé pour le clinquant.
La périphérie versus le centre ?
Les mariés sans gel dans les cheveux, aux pieds nus et aux habits en lin de couleur blanc pale, ont aussi leur propres rituels photos, mais cette fois ci, sur la plage ou devant les vaches au kibboutz.
La périphérie se fait photographier au centre, le centre se fait photographier à la campagne. Tout est question de mode et d’angles de prise de vue. Mais ce qui est certain, c’est que dans un si petit pays, les « locations » (sites de tournages) se forgent une réputation trop rapidement.

lundi 25 juin 2007

De mon toit, 20h30



L'utilisation de l'énergie solaire est inscrite dans l'histoire et le développement d'Israël.
Les toits des immeubles de Tel-Aviv laissent place à une iconographie devenue célèbre: les ballons d’eau chaude et les panneaux solaires. L’hiver, les ballons à eau chaude sont alimentés par une résistance électrique, commandée par un compteur installé dans la plupart des maisons. L’été c’est l’énergie solaire qui est brillamment réutilisée pour chauffer l’eau.
Quand je suis venue vivre à Tel-Aviv, j’ai oublié de m’inscrire à un cours sur l’énergie solaire, les capteurs photovoltaïques, l’alimentation des ballons d’eau chaude, l'allumage des compteurs d’eau. J’ai à mon passif trois ou quatre ballons d’eau chaude qui ont explosé en Hiver, provoquant des fuites et inondations sur notre toit. Le compteur chez moi, est resté allumé pendant quelques années, sans que je prenne le temps de comprendre son utilité ou son fonctionnement. La réflexion, supposé qu’il y en avait une: c’était de me dire, ce compteur est installé à
l’intérieur de la maison, il doit avoir une fonction très utile, c'est ainsi que le bouton rouge est demeuré sur ON de façon continue, pendant les premières années d'apprentissage de nouvelles habitudes ménagères. Bien qu’Israël soit le leader mondial de l’énergie solaire, je lis que seulement 3% de l’électricité consommée en Israël est issue du solaire.
Un projet de développement dans un village Arabe de la région du Néguev offre un bel exemple des réponses économiques et écologiques apportées aux besoins en énergie.

samedi 23 juin 2007

vendredi 22 juin 2007

Fête de la musique à Tel-Aviv







Hier soir la France était à l’honneur sur le boulevard Rothschild.
Célébration de la fête de la musique autour de quelques petits concerts, ici la chanteuse Israélienne Corinne Allal, qui chante également en Français.
L’inauguration du nouvel institut Culturel Français de Tel-Aviv, au sein d’un sublime immeuble Bauhaus, acquis par la France, à l’angle des rues, aux noms très symboliques, Rothschild-Herzl.
Sur l’artère piétonne du Boulevard Rothschild, devant le nouvel institut, une ambiance villageoise et familiale, l’atmosphère m’a rappelé les fêtes de villages si poétiquement illustrées dans le livre pour enfants de la collection « MARTINE et la fête au village ». On peut, peut être regretter le fait que peu d’autochtones non francophones, aient pu profiter de ces réjouissances. Faute de communication massive ou du fait de la confusion avec la Leila Halavan ( Nuit Blanche) qui sera elle, célébrée Jeudi prochain, en l’honneur du patrimoine architectural Bauhaus de la ville de Tel-Aviv.

mercredi 20 juin 2007

Surrealism and Beyond

Man Ray, Indestructible Object, 1923/1963, Assemblage: metronome and phtograph

Mieczyslaw Berman, Polonais 1903-1975
Sans titre, 1965, Photomontage


Man Ray, Venus restored, 1936/1971, Assemblage: plaster cast and rope


Jérusalem est à 40 minutes de Tel-Aviv. Bien souvent les gens de Jérusalem ne mettent jamais les pieds à Tel-Aviv, bien souvent prononcer à Tel-Aviv, ne serait-ce que le nom de Jérusalem c'est évoquer un "Orient Lointain". Ces deux villes se perçoivent comme des antithèses, ces deux villes sont facilement perçues et présentées comme des antagonistes, ces deux villes ne se connaissent pas, ne se rencontrent pas, ne se fréquentent pas. Au sein d'Israël, elles symbolisent chacune des mondes, que l'opinion pense, que l'opinion vit comme deux univers inconciliables, hermétiques l'un à l autre, aux frontières rigides. En dehors d’Israël, quand on veut symboliser facilement "ceux qui seraient dans le camp de la paix" en opposition à un monde "obscur de barbus extrémistes", on cite facilement ces deux villes comme les symboles extrêmes d'idéologies et de courants d'idées diamétralement opposés. Souvent c'est la peur, et la méconnaissance totale de ce qui se "passe la bas" qui nourrit les fantasmes et les mythes de chaque côté des deux villes.

Le musée d'Israël, à Jérusalem, présente en ce moment, une exposition exceptionnelle sur les mouvements Dada et Surréaliste. L'exposition clôture à la fin du mois, mais elle mérite qu'on s'y précipite. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le musée est ouvert samedi, jour du Shabath.

lundi 18 juin 2007

Rue Montefiore, 19H15

La rue Montefiore traverse les rues Allenby et Nachalat Benyamin. Elle fait partie des rues historiques de la ville, qui marquent la naissance et le développement de Tel-Aviv dès 1909. Essentiellement initié par des gens venus des grandes villes d’Europe, on retrouve dans le courant architectural du Tel-Aviv de cette époque des influences du mouvement Art Nouveau et du style néoclassique. Comme son nom l’indique, le style éclectique consiste en un mélange de styles, qui tend parfois à intégrer aux ornements du style Art Déco des formes d’inspiration Ottomane comme les fenêtres en ogive. Ces maisons étaient pour la plupart des demeures de bourgeois ou des hôtels, appartenant et habitées par une petite élite locale.
Ce style s’interrompt au début des années 1930 pour laisser place à un autre type d’urbanisation planifiée: le Bauhaus ou style international, dont la mission est d’apporter une réponse rapide et adaptée tant aux besoins en logement d’une ville en plein développement qu'au climat local.

Sir Moise Montefiore, est né en 1784 à Livourne, en Italie, originaire d’une famille Juive Sépharade, qui s’établit plus tard à Londres. Diplomate et homme d’État Anglais, il fut un philanthrope et un médiateur infatigable pour la défense des droits et du statut des juifs durant tout le 19e siècle.
Entrepreneur et homme d’affaires, il fonda, notamment une compagnie de gaz, qui introduisit l’éclairage dans beaucoup de villes parmi les plus importantes d'Europe.
En 1837, il fut élu maire de Londres. La même année, la reine Victoria, qui venait de monter sur le trône d'Angleterre, l’éleva au rang de chevalier " Sir " et en 1846 lui accorda le titre de baron en reconnaissance de ces nombreuses actions humanitaires en faveur des populations juives. Il occupa une place de premier plan tant dans les sphères politiques et sociales qu’au sein de la communauté Juive.
Il a contribué par ses fonctions politiques et son influence à oeuvrer de façon déterminante en faveur de l'adoption de l'acte d'émancipation des juifs d'Angleterre en 1858, leur accordant l'égalité des droits.
Lorsqu’en 1840 éclate l’Affaire de Damas, accusant faussement les juifs locaux de crimes rituels, Sir Moise Montefiore s’illustrera par son intervention.
Poursuivant une initiative personnelle, il se rend aux côtés de Adolphe Crémieux, en Egypte, pour solliciter la libération des personnes juives emprisonnées et torturées de façon arbitraire à Damas, sur le fondement de rumeurs et d'allégations sensationnelles. Sir Montefiore obtiendra par la suite du Sultan en place, la proclamation d’un décret de protection des juifs de l'Empire Ottoman contre les accusations de crimes rituels.

vendredi 15 juin 2007

Brocante de la place Dizengoff, 14H00


Chaque vendredi, la place Dizengoff prend les allures d’un fabuleux petit marché à la brocante. Souvent âgés, les teneurs de stands, femmes et hommes, ont souvent l’étoffe des héros de romans ou des livres d’histoire. En traversant les allées, on entend toutes sortes d'anecdotes sur le vieux Tel-Aviv, au fil des explications livrées autour des objets, des vieux livres, des photos ou des cartes postales. Il y règne une atmosphère caractéristique de la bohème de Tel-Aviv, une atmosphère nostalgique qui rappelle la vieille Europe. Certains stands dégagent une bonne odeur de moisi, de renfermé, celle qui évoque le temps qui a passé, la magie des choses qui ont vécu, qui ont traversé le temps et qui témoignent au travers de leur fonction et de leur époque, des bribes d'histoire et du mode de vie des gens de la ville et du pays. Parfois, ce qui rend les vieilles reliques, les vieilles photos merveilleuses, c'est que grâce à elles, la notion du temps prend tout son sens, l'Histoire de la ville et de ses immigrants devient palpable.

jeudi 14 juin 2007

Le triangle d'or: carrefour Allenby-Nachalat Benyamin-King Georges, 19HOO

Ce carrefour au centre de la ville fait partie des incontournables.
Tout d’abord c’est ici que se croisent les rues les plus pittoresques et les plus vivantes de la ville: la rue en partie piétonne Nachalat Benyamin, la rue Shenkin, la rue King Georges, la rue Allenby et la rue du marché ( Shuk) Carmel. La rue Sheinkin est connue pour ses boutiques de mode, ses échoppes de jus de fruits naturels, ses cafés branchés, mais surtout ses hordes de jeunes et d’originaux en tout genre, surtout le vendredi. La rue est traversée tout le long par des petites cours ou des petites allées perpendiculaires qui offrent toute sortes de boutiques de fripes et cadeaux incroyables. Avant qu’ils ne déménagent sur la rue King Georges, pendant des années le vidéo club du cinéma du monde et indépendant « haozen hashlishi » (la troisième oreille) était mon point de repère sur cette rue. On trouve de nombreuses boutiques qui s’inscrivent dans le courant spirituel très en vogue, offrant un choix de pierres aux vertus dites magiques, apaisantes, assainissantes. Avec la rue Nachalat Benyamin, cette rue est le temple de toute une génération au style qui rappelle le mouvement hippie des années 70. Souvent partis en Inde pour de longs séjours, après leur service militaire, ils reviennent avec une envie de reproduire le même mode de vie que sur les plages de GOA, une soif de spiritualité, et une quête de sens, liées selon moi, aux difficultés de la situation au Moyen Orient. La rue Sheinkin est passée du quartier général des intellos et artistes de gauche dans les années 1960-70, à une rue célèbre pour l’excentricité des gens qui s’y promènent , la drague dans les terrasse de café et la créativité d’une jeune génération montante de stylistes de mode et d’accessoiristes locaux. Le stylisme est en plein essor en Israël, la plupart des jeunes fashion designers sont issus de l’école Shankar au nord de Tel-Aviv. L’école a reçu récemment Donna Karan (DKNY) dans le cadre d’une série de formation. Des cycles de conférences sur l’histoire de la mode Israélienne sont organisés au musée de Eretz Israël à Ramat Aviv (quartier nord de Tel-Aviv).

mercredi 13 juin 2007

Terrasse de café au masculin

Il y a deux semaines, un vendredi, en fin de matinée, le jour des terrasses des cafés à Tel-Aviv. J’avais repéré par hasard, l’un des deux candidats à la direction du parti travailliste, mais ce sont les "vieux beaux"de la table au premier plan, qui se sont intéressés à moi, sachant que je ne m’intéressais pas à eux.
Il y a beaucoup de "vieux beaux" qui s’attablent dans les cafés des quartiers aisés de Tel-Aviv. Ils ont souvent en commun, une allure très soignée, un corps très bien conservé, des tee-shirts et des jeans aux marques très branchées, et affichent un air qui semble dégagé de tout souci. Ils s’attardent souvent dans les terrasses de café et se retrouvent entre copains pour pouvoir ensemble, arrêter longuement leur regard sur les filles de 30 ans de moins qu’eux. On les voit rarement assis avec des femmes de leur âge aux terrasses.
Ce jour là, le candidat aux primaires du parti travailliste ne faisait pas partie de la table des "vieux beaux", plongé dans une discussion, il était lui, entouré de deux autres hommes, des gardes du corps.

lundi 11 juin 2007

La garde: terrasse de café, Ibn Gvirol street, 15H45


A l’entrée de chaque café, de chaque bâtiment institutionnel, médical, commercial, des écoles, des parkings, à l’entrée de tout lieu fréquenté par le public, veille un gardien.
Ils font partie de notre quotidien, on ne leur dit pas forcément bonjour, on ne les voit plus, parfois ils se fondent dans le décor des endroits dont ils ont la charge de surveiller la nature des flux. Parfois ils ont la possibilité de s’asseoir, souvent ils sont postés debout à l’entrée. Ils inspectent l’intérieur des sacs, observent les regards, les intentions, les attitudes, le sens que peut avoir notre langage corporel. En général, ils perçoivent pour cette activité, une rémunération très modeste et une couverture sociale aléatoire. Il travaillent soit directement pour le compte de l’espace gardé, ou sont employés au sein d’une entreprise de gardiennage. Ils sont souvent issus des couches de l’immigration Russe ou Ethiopienne.

dimanche 10 juin 2007

Lecture sur fond d'effusions: Abravanel-Florentine streets corner

De voir cet homme lire dans la rue, m'a fait prendre conscience que l'on ne voit pas souvent des gens lire dans les rues de Tel-Aviv. Pourtant les Israéliens lisent beaucoup. Venant d'une ville comme Paris, cela représente un grand changement visuel. Je me suis demandée quelles pouvaient en être les raisons. La chaleur torride, l'absence de grand parc aux allées ombragées et aux allures romantiques. Bien que la culture du café soit très présente, on ne va pas au café pour lire, on y va pour travailler, pour parler, pour rencontrer, pour être ensemble. Dans le bus non plus les gens ne lisent pas beaucoup, la presse peut être mais pas de roman. L'actualité peut changer d'une minute à l'autre, c'est l' actualité qui domine les esprits. Peut être que l'activité de lire est une activité bourgeoise, de ceux qui ont le temps. Or en Israël pour finir les fins de mois, quand on a du temps on exerce parfois deux, trois métiers différents. Mais je pense que cela a à voir aussi avec la culture méditerranéenne, où lorsque l'on sort pour être dehors, c’est pour être avec les autres, pour parler, pour partager. Puis, il y a aussi les restes d’une culture marquée par les valeurs communistes; ici on a été habitué à des expériences collectives, les valeurs et les comportements individualistes ne sont apparus que ces dernières années. Par exemple, moi il ne me vient plus à l'idée de prendre un livre ou un journal lorsque je vais au parc avec mes filles, on est sans cesse interrompu par les autres, qui pensent probablement que l' isolement est un isolement subi et non choisi.

vendredi 8 juin 2007

"Le coin des voeux'', Fée de la place Dizengoff, 14H00




Le vendredi est un jour enchanteur, dans les rues du cœur de Tel-Aviv. Tous les héros, les artistes, les personnages magnifiques jaillissent de dessous leurs buissons de la semaine. Tous les vendredis matins, quand commence le week-end, une petite brocante se tient sur la place Dizengoff. Aux alentours, on voit surgir des scènes de bandes dessinées. Aujourd’hui, j’ai croisé sur mon chemin, une fée qui s’est installée près d’un arbre pour vendre des petites figurines en porcelaine, des petits caractères de comptes de fée. Elle propose également un coin où l’on peut s’asseoir, pour venir exprimer ses vœux. J’ai pu voir le premier badaud, s’informer sur ses pouvoirs.