dimanche 10 juin 2007

Lecture sur fond d'effusions: Abravanel-Florentine streets corner

De voir cet homme lire dans la rue, m'a fait prendre conscience que l'on ne voit pas souvent des gens lire dans les rues de Tel-Aviv. Pourtant les Israéliens lisent beaucoup. Venant d'une ville comme Paris, cela représente un grand changement visuel. Je me suis demandée quelles pouvaient en être les raisons. La chaleur torride, l'absence de grand parc aux allées ombragées et aux allures romantiques. Bien que la culture du café soit très présente, on ne va pas au café pour lire, on y va pour travailler, pour parler, pour rencontrer, pour être ensemble. Dans le bus non plus les gens ne lisent pas beaucoup, la presse peut être mais pas de roman. L'actualité peut changer d'une minute à l'autre, c'est l' actualité qui domine les esprits. Peut être que l'activité de lire est une activité bourgeoise, de ceux qui ont le temps. Or en Israël pour finir les fins de mois, quand on a du temps on exerce parfois deux, trois métiers différents. Mais je pense que cela a à voir aussi avec la culture méditerranéenne, où lorsque l'on sort pour être dehors, c’est pour être avec les autres, pour parler, pour partager. Puis, il y a aussi les restes d’une culture marquée par les valeurs communistes; ici on a été habitué à des expériences collectives, les valeurs et les comportements individualistes ne sont apparus que ces dernières années. Par exemple, moi il ne me vient plus à l'idée de prendre un livre ou un journal lorsque je vais au parc avec mes filles, on est sans cesse interrompu par les autres, qui pensent probablement que l' isolement est un isolement subi et non choisi.

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