mardi 17 juillet 2007

La Crocs Attitude





« La crocs attitude » a conquis Israël depuis maintenant trois ou quatre ans.
Avant que celà ne devienne un phénomène de mode se rapprochant du port de
l’uniforme dans les dictatures soviétiques, je pensais que les personnes dont les pieds apparaissaient revêtus de ces nouveaux godillons, faisaient tous partie de la caste des jardiniers ou des cuisiniers.
Très vite, l’invasion marketing a conquis les esprits des parents, qui à une époque ne juraient que par les vertus de ces nouvelles spartiates en plastique fluo, pour la démarche et le confort de nos petits.
Puis les responsables de certaines crèches ont commencé à refuser le port de ces
chaussures au concept dit innovant, en raison du manque de soutien de la cheville et des chutes répétitives. Certains autres établissement scolaires n’acceptent que certains modèles commercialisés par la marque, ceux dont la lanière arrière dispose d’un bout renforcé, mais surtout pas les copies de la marque qui sont apparues, tout aussi vite sur le marché. Face à la résistance des parents, des débats, des réunions entre parents et personnel éducatif se sont organisés autour du thème de la chaussure Crocs.
Les adultes eux, libres et égaux en droits, ont dans l’ensemble massivement adopté le nouveau mode de vie que semble offrir la Crocs au pied.
C’est un succès national, le sabot des temps moderne est adopté par toutes les couches sociales, les âges, les sexes, même les personnes en fauteuil roulant. Cette chaussure aux couleurs toujours très vives, se porte en ville comme dans les champs, à la maison, sous la douche à la piscine, pour aller travailler, à l’exclusion du monde de la finance, de la banque et des avocats. En Israël on peut évoquer un véritable phénomène national, la chaussure aéronautique a réussi à remplacer la légendaire sandale de cuir reprise au temps des pionniers et présente dans la région depuis le temps des Romains.
On voit même se développer un autre type de démarche dans les rues, c’est le style crocs, l’allure crocs.
De mon coté, c’est en véritable idéologue que je me suis opposée à l’intrusion de ces bouts de silicone dans ma maison, jusqu'à ce qu’on offre une paire à ma fille, qui les avait demandé secrètement.
A ce jour, point vu de crocs en France, mais la marque semble vouloir conquérir le marché planétaire, il existe un site Internet spécifiquement destiné à la France. Très prochainement, je ne regarderai plus cette mode comme locale et j’ai hâte de voir la façon dont la French touch va intégrer ce nouvel accessoire et le nouveau style crocs des trottoirs de Paris.

vendredi 13 juillet 2007

Plage Dolphinarium, entre 20H00 et 21H00










Quand débute le Printemps, chaque vendredi, peu avant la tombée de la nuit, une fête s’improvise, aux bords des rochers de la plage Dolphinarium, au sud de Tel-Aviv.
Aux sons des tam-tams, Darboukas et Djembes, les esprits et les corps du tout venant s’abandonnent dans des effluves de danse, des performances en tout genre, des rencontres improbables. Certains appellent cette petite fête rituelle, la kabalat Shabath (réception du Shabath) du Dolphinarium.

jeudi 12 juillet 2007

Théâtre Habimah, 12h00

"Habimah n’est pas simplement une institution artistique. Ce théâtre est une pierre angulaire dans la renaissance de la langue et de la culture Hébraïque, il apporte une contribution essentielle dans le façonnement de la vie culturelle en Israël."
(A.B. Yehoshua, Amoz Oz, David Grossman, Yehoshua Sobol, dans une lettre au ministre de l’ Education, Avril 2005)

Le Théâtre National Habimah, est un rêve qui est né à Moscou en 1913, du temps de la Russie Tsariste.
Ses fondateurs, devenus légendaires: les acteurs Hannah Rovina et Aharon Meskin, sont comparés localement aux icônes de théâtre, Sarah Bernhardt et Lawrence Olivier.
En 1913, la troupe du théâtre Habimah donne sa première représentation à Vienne lors du 11e Congrès Sioniste Mondial (avant son établissement officiel en 1917).
En 1917, la révolution Bolchevique est en pleine action, l’étude de l'Hébreu est interdit. A l’initiative de quelques uns dont Hanna Rovina, un groupe de jeunes juifs très engagés dans la promotion de la langue et de la culture Hébraïques en Russie, se réunit dans un local d’arrière cours à Moscou. Alors que la Révolution Russe bat son plein dans les rues, de leur côté ce groupe mène une autre révolution plus discrete: consacrer les moyens de préserver et perpétuer la culture et la langue Hébraïques au travers d’un théâtre professionnel, vivant et d’avant-garde.
En 1922, Habimah produit Le Dybbuk, de S.Anski. Maxim Gorky acclame la représentation et le célèbre écrivain Russe prédit qu’un jour : « Ce petit et merveilleux bébé deviendra un jour, un géant glorieux. »
En 1926, sont bannies de Moscou, toute activités Sionistes ou en langue Hébreue. La troupe de théâtre part en tournée en Europe et aux Etats-Unis.
En 1928, la plupart des membres de la troupe Habimah arrivent en Palestine.
C’est en 1935, que commence la construction à Tel-Aviv, de ce qui deviendra le foyer permanant du théâtre National Habimah.
D’importants travaux de rénovation du complexe Habimah sont entrepris depuis 2006. Dans cet intervalle, les représentations ont lieu dans différentes salles de la ville ainsi qu’aux travers de tournées dans tout le pays, particulièrement dans les zones périphériques où les populations n’ont aucun accès au concept même de représentation théâtrale.
Le Théâtre national Habimah joue un rôle déterminant au sein de la société Israélienne, profitant d’une audience massive et diversifiée, il est considéré comme un lieu d’expression, un moyen de préserver la mémoire collective du pays et un outil dans la construction de l’ identité du pays.
Cependant, et j’exprime là un avis personnel, les auteurs et scénaristes de théâtre, issus des couches non Européennes étant encore rares, il est possible de noter que les oeuvres, bien qu’exprimant de plus en plus des problématiques liées à la société Israélienne contemporaine, font défaut quand il est question de l’héritage spécifique ou de la mémoire collective des juifs Israéliens, issus des pays non Européens.
D’un point de vue historique, cela touche à deux aspects de la sociologie juive:
- l’absence d’une tradition théâtrale au sein de la plupart des pays Arabes, à l’exception parfois, de certain pays colonisés d'Afrique du Nord, dont la culture fut infiltrée par les influences Européennes.
- quand les jeunes des communautés juives s’adonnaient à des activités théâtrales, cela se faisait dans une langue dite profane
- il ne pouvait exister de théâtre Hébreu, l’Hébreu n’était envisageable que dans sa fonction religieuse, liturgique, sacrée.

Pour revenir au théâtre Israélien, il faut tout de meme citer une exception de maître, « le Verger Séfarade », écrit par l’ancien Président d’Israël Yitzhak Navon.
Sous forme de comédie musicale, cette oeuvre largement inspirée de son enfance, raconte la vie au sein d’un quartier pauvre, traditionnel séfarade du Jérusalem des années 1930.
Les paroles des chansons, dont les mélodies ont été composées par Yehudit Ravitz, sont interprétées en Ladino ( dialecte judéo-espagnol des juifs expulsés d'Espagne).
« Le Verger Séfarade » (Boustan A Sefardi en Hébreu), revient à l’affiche du Théâtre Habimah, de façon saisonnière, depuis sa première en 1970.

samedi 7 juillet 2007

Sderot à Tel-Aviv: Boulevard Rothschild, 14h30











"J'étais avec un ami dans un parc de jeux, on étaient sur des balançoires,
quand on a entendu l'alerte: '' couleur rouge, couleur rouge,", alors on a couru, on a couru, on a couru, on a couru,...", David, 9 ans, Sderot.


Depuis que j'ai écrit ce post, en Janvier 2008, un jeune homme courageux; Noam Beidin, a décidé d'aller vivre dans cette ville condamnée et de créer une agence de presse exclusivement consacrée à la couverture d'une tragédie moderne, qui n'intéresse particulièrement pas les médias internationaux, l'histoire de Sderot et ses environs.

La ville de Sderot n’intéresse pas les médias, les journalistes ne courent pas ses rues, au point qu’en Israël, un groupe d’étudiants d’une école d’art de Sderot a initié un projet d’installation artistique sur le boulevard le plus prestigieux de la ville de Tel-Aviv (Boulevard Rothschild), afin de sensibiliser le public de Tel-Aviv, la ville qu’on appelle « la bulle », sur le sort de cette partie du monde et dans l’espoir, peut être, d’initier un mouvement de solidarité.
Depuis ce Jeudi 5 Juillet, une cinquantaine de véritables roquettes lancées par le Hamas, à différents endroits de Sderot, sont installées dans le cadre d’une exposition de rue, au travers d’une série de reconstitutions de scènes de vie soudainement interrompues après que les obus aient atteint leur cibles hasardeuses.
Depuis sept ans la population civile de la ville Israélienne de Sderot, est devenue la cible privilégiée de tirs de roquettes
(missiles) lancées par le Hamas depuis la bande de Gaza, située à peine à 2 km.
L’alerte ("COULEUR ROUGE") qui prévient les locaux de l’arrivée d’une roquette, laisse 15 secondes pour pouvoir descendre dans les abris ou simplement s’abriter contre un mur.
Depuis Septembre 2000, 20.000 roquettes, ont été tirées sur la ville de Sderot, atteignant à chaque fois une cible que personne ne connaît à l’avance, ni l’agresseur tirant depuis les camps de tirs installés autour de Gaza, ni les habitants de la ville de Sderot, ville martyre, ville symbole d’un conflit où domine désormais, la tyrannie du terrorisme islamique international.
Depuis 2005 ( retrait de la bande de Gaza), l’état d’Israël a restitué les implantations situées dans les territoires de la bande de Gaza, espérant la sécurité et la paix. Cependant, depuis Août 2005, les missiles n’ont pas cessé de pleuvoir sur la ville israélienne et ses environs, dans la région du Néguev. En plus des morts et des blessés, ces attaques ont plongé une région entière dans l’isolement, la panique et le désarroi. En Mai 2007, en seulement trois jours, plus de 90 roquettes : « engins de ce genre », ont été lancés sur cette petite ville de 25.000 habitants.
"Par ses tirs de roquette sur Israël, le Hamas cherche à détourner l’attention des combats qui l’opposent au Fatah" (in Actualités France 2, Charles Enderlin, 21 Mai 2007).

Pour visionner des vidéos et des photos sur la situation actuelle à Sderot, pour la plupart, saisies et mis en ligne par des habitants de la région.

lundi 2 juillet 2007

Promenade sur la mer, Tayelete, 9H00


Sur la promenade au bord de la plage de Tel-Aviv (la tayelette), un peu avant d'entrer à Jaffa, se trouve ce grand débarras. On pourrait croire en observant certains objets abandonnés ici, que l'histoire de ce lieu remonte aux années 1950. Dès que j'ai commencé à photographier, un homme plutôt jeune et à l' allure négligée, est apparu, en descendant les marches de l'escalier au fond à droite. Il m'a demandé avec un air suspicieux, si j'appartenais aux services de la mairie.
L' interrogeant sur sa méfiance, il m'explique qu'il est propriétaire de cet espace, il y tenait un café, tombé en faillite depuis 2000, au début de la deuxième intifada. Il cherche " repreneur ". Il n'a pas souhaité figurer sur mes photographies. Je ne me suis plus sentie à l'aise et libre pour continuer mes clichés. Tel-Aviv est une petite ville et les gens sont en général, très curieux. L'autre soir, j'ai senti quelqu' un derrière mon dos, il découvrait en même temps que moi les clichés que j' observais sur le moniteur de l'appareil et s'est mis a formuler toutes sortes de commentaires. Il y a deux jours, alors que je photographiais une vue du ciel, une vielle femme me crie:" alors, tu as réussi à la prendre, la lune, je peux voir ta photo...?".