lundi 22 octobre 2007

Scène 1, Take 2: « Arrivée sur l’embarcadère du port de Jaffa »


Le petit port de Jaffa est en plein chantier, bientôt il fera concurrence au nouveau port de Tel-Aviv. Ce petit port ( le plus ancien au monde ) est déserté, depuis les années 2000, début de la seconde Intifada. Il existe encore une activité de pêcheurs, mais la plupart des restaurants sont fermés. Quelques embarcations proposent un tour de bateau au large de la côte.

Ce groupe de jeunes filles, est en train de jouer une scène, illustrant l’arrivée en Palestine, de premiers immigrant venus d’Europe centrale. Ces jeunes filles sont issues d’un milieu "Haredi" (Juifs Orthodoxes: très religieux). A l’inverse de l’Opéra Chinois, où ce sont les hommes qui tiennent les rôles de femme, ici, ce sont les filles qui portent le « shtreimel » ( chapeau de fourrure, porté par certains hommes mariés, des milieux très orthodoxes, originaires des pays d’Europe de l’est ).
Hors du champ, c’est une fille de leur classe, tout aussi jeune, qui filme la scène.

dimanche 21 octobre 2007

Mausolée, Florentine, 9h30.

Le chofar est un instrument fait d’une corne d’animal, souvent de bélier. Il n’est pas donné à tout le monde de jouer du chofar, tel un instrument à vent, il requière entraînement, souffle et assiduité. Le son du chofar doit être entendu lors des fêtes de Rosch Hachana( nouvel an Juif) et Kippour( Grand Pardon). Apres les fêtes, il est précieusement rangé.

Dans une rue du quartier Florentine, cela fait des années que j’aperçois cet enchevêtrement de chofars, entourés de fleurs et babioles entre les barreaux en fer rouillés de la grille d’un commerce à l’abandon.
Ce matin, je me suis approchée de la sculpture, il s’agit d’une création libre: un monument au mort improvisé. Au milieu, est suspendu un écriteau sur bois, sur lequel il est indiqué : « Danger de mort, ne pas voler, ne pas toucher ».
Parmi quelques déclarations posthumes, il est inscrit en tout petit sur une pancarte de carton blanc : " אשת חיל מי ימצא " : " Heureux soit celui qui trouvera femme vaillante".

jeudi 18 octobre 2007

Take a way

Souvent les boites aux lettres se situent à l’extérieur des immeubles. L’accès aux colporteurs y est donc totalement libre. Etre inondés par toutes sortes de pubs, annonces, dépliants et flyers, permet de suivre à la fois l’évolution des tendances dans le domaine de la publicité, et des dernières initiatives tous secteurs confondus (social, sport, spirituel, shopping, immobilier, sorcellerie, sectes, religions, enfance, éducation, sexe, massages, coaching, et surtout restauration). A Tel-Aviv, on apprécie de plus en plus la bonne bouffe, mais semble-il, on aurait de moins en moins le temps de cuisiner. Tout se livre à domicile: du jus de pomme frais, aux couscous.
Comme partout dans le monde la gente féminine, apparaît comme l’ultime argument promotionnel. Le choix qui consiste à photographier en frontal, une femme réduite à sa fonction de porteuse de sacs (aux normes du respect de l’environnement), dont la silhouette de dos serait sournoisement observée par un chevalier de la livraison express, révèle un argumentaire marketing autour duquel il est légitime de s’interroger.
A l’époque de la sophistication du marketing viral dans le virtuel, la publicité du réel, du papier, se caractérise elle, bien souvent, par un autre type de virus. Le virus de l’absence de brain-storming, de réflexion, l’inconsistance, la légèreté, parce que ce qui compte c’est la voie express, la voix express, l’immédiateté du sens.

mercredi 17 octobre 2007

De l’Art ou la Mort

A l’arrière des voitures, quand on ne comprend pas l’Hébreu, on remarque l’accumulation de stickers, avec toutes sortes de slogans écrits en différents caractères et différents logos. Puis une fois qu’on se met à lire l’hébreu, on comprend qu’il ne s’agissait pas là d’un épiphénomène, mais d’une véritable tribune politique. Les arrières des voitures, sont devenus des forums d’expression idéologique, là où la parole libère en concentré, ses expressions de colère, ses manifestations de soutient. C’est muni d’un véhicule motorisé qu’on joue pleinement le jeu de la démocratie.
A L' époque du démantèlement (désengagement), une variante au sticker est apparue, le ruban, le morceau de tissu accroché, aux antennes, aux rétroviseurs, et même aux sacs a mains. Orange vif: Contre, bleu : Pour.
Parfois ces manifestations laissent libre cours à l’humour, comme ici : « Faisons de l’art, ou mourir ».

Le groupe de musique pop "HaDag Nachash" (le poisson serpent) : qui choisi son nom de scène en faisant un jeu de mot avec la phrase du sticker que doivent arborer les nouveaux conducteurs : "Nahag Chadash"נהג חדש, a crée une chanson basée "שירת הסטיקר" (la chanson des stickers), sur un texte de l’écrivain David Grossman, tournant en dérision ce phénomène des stickers.
Les slogans politiques de mouvances radicalement opposées, sont juxtaposés les uns à la suite des autres en formes de paroles, créant ainsi un descriptif ironique de l’expression des opinions politiques en Israël.

Pour voir le clip: http://www.youtube.com/watch?v=GIbjpev6U5s

mardi 16 octobre 2007

Teletubbyland sur Tel-Aviv: Déconnecté de la réalité, quelle réalité ?



Les Teletubbies est une série télévisée britannique en 365 épisodes de 25 minutes, diffusée entre le 31 mars 1997 et le 5 janvier 2001 sur le réseau BBC
Cette série destinée aux très jeunes enfants (de 0 à 2 ans) met en scène les aventures de six personnages très colorés possédant une télévision sur le ventre.
Ils vivent à Télétubbyland, dans un dome futuriste (le "Tubbydome Supertronic") situé au milieu de pelouses peuplées de lapins et de périscopes qui parlent tout comme les fleurs.
Les Télétubbies se nourrissent de TubbiToasts, biscuits ronds avec un sourire, ou de TubbyDélice : sorte de boisson rose qu'ils boivent dans un bol à paille intégrée.
Parmi les personnages, il y a PO, elle est rouge et c’est la plus petite. Son excroissance est un cercle et elle possède une trottinette. C'est une fille.
En 1999, les Télétubbies ont été pris pour cible par l’écrivain américain Bret Easton Ellis, qui, dans un texte, les considérait comme "maléfiques", la série télévisée présentant, selon lui, l'image lénifiante d'un monde aseptisé et planifié, déconnecté de la réalité, né de l'hypocrisie des adultes et conforté par elle.
Depuis quelques années, une controverse accuse deux des Télétubbies d'avoir des tendances homosexuelles : les mâles et les femelles sont indissociables. Aux États-Unis, le conservateur chrétien Jerry Falwell accusa Tinky Winky d'être un « homosexuel révélé », entre autres, de par sa couleur mauve, associée au mouvement gay, et le fait qu'il traîne avec lui un sac à main, accessoire plutôt féminin.
Au Brésil, un professeur qui a mené des expériences concernant les réactions des enfants face à certains épisodes révéla leurs difficultés à différencier les genres des télétubbies et mis en avant leur propre identification aux personnages. Certains parents ont donc interdit à leurs enfants cette série télévisée.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Teletubbies

Depuis des mois j’aperçois cette voiture garée à différents endroits du quartier, avec toujours à son bord, parfois à la place du passager, parfois à l’arrière à coté du siège auto enfant, PO: la teletubbie rouge.
Il y a des parents qui ont fait de la poésie plus qu’un concept, une manière de vivre: une voiture aménagée en champs de fantaisies pour Monseigneur BEBE. C’est extra. Ca donne du charme à l’urbain, ça fait rire le badaud et ça se laisse prendre en photo (sans faire la grimace, sans méfiance, sans discours).
Voir Po en ballade, me permet également de me souvenir, de l’enfer de ce programme télévisé qu’on a encensé à la fin des années 90, à force de les projeter en boucle (cassette vidéo), pour que ma fille devienne très intelligente et douée et avec de l’intelligence émotionnelle en option, je me souviens encore m’être exprimée plus d’une fois avec un vocabulaire de fleur hypo active.
Visiblement la controverse a atteint tous les marchés, car en Israël aussi, le programme et les produits dérivés ont disparus, alors que cette série était apparue comme une révolution dans l’éducation et le ludique préscolaire.

lundi 15 octobre 2007

L' Avenir nous ferait-il peur ?


N’allez pas croire, je n’ai pas oublié mon blog, je suis juste atteinte de cette maladie qu’on appelle, je crois, la MTD pour Multi Tasks Disorder.

Aujourd’hui, je suis très heureuse car cela faisait quelques temps que je souhaitais m’intéresser de plus prêt au phénomène, semble t-il très féminin, des liseuses de cartes à Tel-Aviv.

J’entends dans mon entourage; celui du cercle des femmes du quartier, plus d’une qui me disent avoir recours aux services de femmes « coach » extraordinaires, capables de vous éclairer et de vous orienter dans les déboires et les incertitudes de la vie grâce à la numérologie, l’astrologie, le tarot…
Vers 10h00 ce matin, sur le trottoir, à la terrasse d' un café, j’ai surpris une liseuse de cartes en pleine consultation.
A l’entendre, la patiente souffrirait de difficultés financières, auxquelles il serait bon de mettre un terme, elle dit voir une maison très agitée, mais un homme, un seul, l’attend à l’étranger…