samedi 9 février 2008

Touristes, Passeports Etrangers, attention, vous êtes ciblés !

Mer morte, Israël, Février 2007

Le magazine Time Out Tel-Aviv édite régulièrement en supplément de
l’hebdomadaire en Hébreu, des petits guides brochés exclusivement destinés aux abonnés. Cette fin de semaine, le supplément livré, s’intitule: “ 250 choses à faire à Tel-Aviv, la nuit” Le supplément guide est subdivisé en plusieurs rubriques thématiques, telles que
« Bar et Alcool», « Urbain », « Culture et Art ».Dans la rubrique « Sexe et Amour » est proposée, en page 52, une activité portant le titre : « Chercher des touristes ».

Je livre ici une traduction rapide de ce qui s’offre au lecteur Tel-Avivien:
« A la tombée de la nuit, c’est aussi, le sentiment d’éternelle solitude qui accompagne tout célibataire à Tel-Aviv. Ainsi que le destin l'a voulu : à Tel-Aviv, dans la région du Goush Dan et dans tout Israël, impossible de trouver l’âme sœur. Cependant, avant de se retrancher vers une vie de nonne,…, souvenez vous qu’une option fantastique s’offre à vous, celle d’une relation avec un/une touriste. Celle-ci n’implique que peu d’engagement (ou la relation à distance se conclura par un passeport Britannique, Suisse ou Français et grâce à eux, la direction, l’entrée dans l’Union Européenne.
Il ne fait aucun doute qu’au Café Joey"s Bar, vous ferez la grande rencontre, dans ce bar on rencontre un large échantillon d’âge et de pays. … »
« …si vos exigences sont un peu plus spécifiques, rendez vous au pub mythique Mike’s Place, où la majorité des serveurs, des artistes qui se produisent et ceux qui fréquentent le lieu, parlent avec un accent Anglo-Sexi à devenir fou.
Mais le privilège de se marier avec un passeport, ne s’offre pas uniquement à ceux qui fréquentent les bars. Promenez vous vers la rue Ben Yehuda, le long de la mer et sur la rue Hayarkon, vous êtes assurés, dans 96.7 % des cas de pouvoir nouer des liens avec un touriste. Lors de vos sorties dans ces quartiers, choisissez de vous installer dans un endroit précis, au choix : l’entrée de la tour Opéra, le café Tsfoni sur la plage de Tel-Aviv ou le restaurant Mac Donald’s à côté de l’hôtel Dan. Ces malheureux touristes pensent qu’il s’agit là du vrai Tel-Aviv. Vous qui connaissez le vrai, vous pourrez leur faire découvrir le visage de la ville au travers de votre regard, ou au moyen de tout autre organe qui vous semblera bon. Good Luck. »
Bien que les magazines Time Out dans le monde assoient leur réputation grâce à leur liberté de ton et leur contenu «branché », c’est probablement le style de la plume de l’auteur de ce petit encart ainsi que la trivialité de ses conseils, mettant en lumière l’incitation à une sorte de « marché du passeport par le sexe » qui m’apparaît comme totalement "out" et pas du tout "branché". Cependant pour comprendre dans quel état d' esprit s'inscrit ce petit texte de mauvais goût et à l’allure anodine, à classer dans la rubrique « à méditer », ou « attention, pays en crise », il m’apparaît important de rappeler sommairement le contexte plus sérieux, qui semblerait l'inspirer.

Il apparaît que dans "le monde d'aujourd'hui", se déplacer ou envisager le futur avec l’unique nationalité Israélienne n’est pas toujours facile. Qu’il s’agisse des pays qui interdisent l’entrée aux ressortissants Israéliens, de manière officielle ou officieuse, même dans l’hypothèse d’un déplacement exclusivement professionnel: journalistes, médecins, ou qu’il soit simplement question de répondre à la question légitime « d’ou êtes vous, quelle langue parlez-vous? » lors d’un voyage touristique en Europe, en Amérique latine,...
De plus, l’état d’esprit peu optimiste de beaucoup, face aux espoirs de paix dans la région, expliquerait en partie les raisons pour lesquelles, beaucoup de jeunes cherchent désormais à disposer en plus, d’une autre nationalité, parfois prêts à se lancer dans de profondes recherches et fastidieuses démarches pour retrouver une nationalité Européenne, abandonnée ou perdue par leur ascendants, suite aux tragédies de la shoah.

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