vendredi 19 décembre 2008

L' accés au toit


Nous habitons au dernier étage depuis plus de trois ans.
Un matin, il y a deux ans, la voisine du res de chaussée, qui ne répond jamais à mes bonsoirs, peut- être parce que je ne la croise que le soir, vient taper à ma porte. Sourire à moitié franc, elle me dit bonjour calmement en me regardant dans les yeux cette fois, je comprends qu'elle a un service à demander. Elle doit changer son chauffe-eau (doude), qui a explosé, je comprends enfin la source du récent et énième dégât des eaux au plafond de la salle de bain ainsi que les courts circuits aux différentes sources lumineuses dans la salle de bain et toute la zone mitoyenne. Elle m'explique que l'accès est impossible par l'ouverture trop étroite qui conduit au toit dans la cage d'escalier de l'immeuble.
Ok, très chère, comment as-tu pensé à moi et pourquoi moi, et comment font les autres ? Le personnel en charge de l'installation du chauffe-eau a procédé par déduction, une fois en repérage sur le toit, ils ont identifié l'appartement qui est situé immédiatement sous le toit, c’est nous. Enfin il y a un autre appartement, mais je la comprends, les occupants ne doivent pas lui dire bonjour souvent, eux. Je l'invite à prendre un café, car curieuse, j'avais moi, surtout envie de savoir quel était l'uniforme qu'elle portait, quand elle rentrait le soir et pourquoi elle ne répondait jamais à mes bonsoirs. Directrice des ressources humaines au sein d'une importante prison de femmes, celle où sont incarcérées de nombreuses femmes Kamikazes qui ont échoué leur attentat suicide. On parle entre autres du film documentaire « Shahida, fiancées d'Allah », qui a été réalisé par une jeune réalisatrice Israélienne, au sein de ce même centre d'incarcération. Toute réflexion faite, je comprends que le soir en se réfugiant chez elle, elle n'ait pas souvent envie de dire bonsoir à la voisine qui insiste à continuer malgré tout.
Elle est plutôt agréable, j'aime bien sa discrétion et sa façon posée de répondre à mes questions somme toute, assez indiscrètes pour une première rencontre. Je ne pouvais plus rien refuser, de toute les manières, aurais-je pu refuser l'accès au toit, s'il semble que celui-ci ne puisse se faire qu'en passant par chez moi?
Une semaine plus tard rendez-vous est pris. Telle une bonne poire je reste plantée à la maison, comme toutes ces matinées horribles où l'on attend le plombier, l'électricien, le peintre pour réparer, replacer, réinstaller l'électricité, repeindre les dégâts suite aux éternels bouleversements liés à l'eau et l'humidité dans les vieux immeubles de TLV: air conditionné, chauffe-eau qui explosent, fortes pluies, et que sais-je encore, à l'arche de Noé qui est venue se déposer sur le toit.
En général l' attente se fait entre 8h00 et 12h00, et le téléphone finit par sonner à 12h15 pour redonner les indications sur le nom de la rue, les possibilités de stationnement dans le quartier, si les pervenches passent à cette heure, combien de temps je pense que les réparations vont durer, et quel est surtout le numéro de l' appartement qui ne leur servira à rien, mais ils insistent pour l'obtenir le numéro de l' appartement, c' est plus facile à retenir qu' un nom, car ça n' a pas besoin d' être noté, car pour noter il faut une feuille et un crayon.
Depuis, moi aussi je suis comme tout le monde, je suis maline, je sors et je demande à ce qu'on me joigne sur mon portable une demi-heure avant. Bon mais dans ce cas, je suis restée au poste.La voisine est montée avec installateurs et chauffe-eau.
Les murs ne sont pas épargnés, les traces de doigts, de chaussures, mais je me dis ce n'est pas important tout ça, ils travaillent dur, tu ne porterais pas un truc pareil même dans tes pires cauchemars. Toute l'opération de hissage avec cordes et cris à pris, près de trois heures. La voisine me remercie. Au revoir.
Six mois plus tard, un couple qui vient d'emménager dans l'immeuble vient me dire bonjour, en tapant à la porte. Ils ont besoin d'installer leur doude sur le toit. Là je me suis promise de vérifier auprès du nouveau gérant de la "copropriété" ce qu'il en est de mon accès privilégié au toit et de mes obligations à ce sujet. Puis allez, je tiens aux bons rapports de voisinage, surtout qu'ils peuvent vous mener pas très loin de la guerre des 100 ans et des territoires voisins de la folie. Rendez-vous est pris, je ne serai pas là, je vous confie les clés et la responsabilité de veiller au bon déroulement des opérations.
Je rentre quatre heures plus tard, un bout de mur (pas de la pierre de taille, il est vrai) est largement ébréché. Elle ne l'a pas vu. Comment être sur que cet incident soit dû aux porteurs de doude. ''No comment'', investir mon énergie ailleurs.
Il y a deux jours, une femme vient taper à la porte. Je viens d'emménager au premier, et la voisine d'en face me dit que l'accès au toit pour installer une doude se fait par chez vous. Oui semble t-il, quoiqu' il y ait les voisins d'en face. Elle vient d'emménager, dans un appartement sans eau chaude, on ne lui a pas remis les clés de l'accès au toit par l'escalier, elle ne savait même pas qu'il en existait un.
Elle est architecte, elle s'étonne que dans la conception de l'immeuble une telle aberration ait pu être pensée. Elle m'interroge moi, sur le fait qu'elle ne puisse pas changer son doude sans passer par chez moi. Qu'est ce que j'en pense? Je lui dis que j'ai cessé de penser, et que ce serait un beau projet de recherche en sociologie de l'architecture: l'accès au toit dans les immeubles de Tel- Aviv d'avant les tours, en cas d'installation et changement des doudes.
Pas de rendez-vous pris, bien que demande formulée de contact à l' avance, mais qu’est-ce que la notion d’avance, quand les élections se préparent la veille pour rechanger de gouvernement le lendemain. Elle débarque vendredi matin à 8h00 (début du week-end, enfin il commence vers 16h00 quand le silence s'installe dans la ville), avec trois compères et le doude.
J'ai bien envie de ne pas lui ouvrir à celle là, mais les installateurs portent une kippa, ils doivent donc être rentrés pour leur shabbath pas trop tard et puis ils ont déjà transporté par les escaliers, le diable doude, jusque sur le pallier, et je dois sortir dans quelques minutes. J'ouvre la porte et je lui demande pourquoi elle me met devant le fait accompli. Je décharge mes nerfs, de façon totalement inutile, je le sais.
Les clés de la maison lui sont confiées, je fuis chez moi, je ne supporte plus de voir ces doudes.
En fin d' après midi, elle tape à la porte. Je vous ai apporté une plante avec des fleurs de saison de couleur rose. Je déteste le rose. Ca m'a fait très plaisir, de croire qu'elle envisage qu'il existe une altérité dans ce bas monde. Ce n'est pas grave tout ça, vraiment pas grave…et surtout ce n'est ni de sa faute ni de la mienne, si nous n'avons pas de frontières.

jeudi 18 décembre 2008

Double orientation

Décomposée, rouillée, l’assise ensevelie sous la poussière, il se peut que la chaise de bureau, soit ainsi enchaînée, au bas de l’immeuble depuis quelques années.
Elle a probablement pour fonction de servir de siège à une personne âgée logeant dans
l’immeuble et qui ne disposant, ni de vue sur rue, ni d’une double orientation (קווני אוויר שני : fort argument sur le marché de l’immobilier), descend au rez de chaussée, s’installer à son poste d’observation pour se laisser divertir par le plus dense, le plus fou, le plus enrichissant des spectacles: le spectacle de la rue, au centre de tel aviv.

En voyant cette chaise de bureau, je me suis souvenue que j’avais remarqué une chaise en plastique, ainsi retenue avec chaîne et cadenas à l’une des entrées du parc.
Pendant des semaines, elle était au même emplacement.

Un matin, je vois la chaise avec un vieil homme assis dessus, à quelques mètres du lieu où je la vois enchaînée d’ordinaire. Il lit le journal et écoute également les nouvelles à la radio. Un petit poste de radio, avec antenne dressée, est posé sur l'herbe à coté des pieds de la chaise. Les nouvelles sont peut être devenues une sorte de musique qui accompagne la lecture du journal. Finalement, non, peut être a-t-il besoin de fixer son regard sur les lignes du journal pour pouvoir continuer à écouter le même genre de nouvelles depuis des décennies. Il observe aussi les promeneurs du parc, les nouvelles ne sont sûrement qu’un prétexte pour pouvoir utiliser la chaise et regarder, ainsi, installé en première loge au centre de la pelouse, la vie autour de lui et oublier un moment ce qui se passe dans le reste du pays.

Ces chaises ne sont pas des chaises de gardiens, ce sont des chaises de loisir, qu’on évite d’avoir à déplacer pour la prochaine visite.

Au contraire des bicyclettes, enchaînées à plusieurs tours, à l’aide de chaîne pour moto, les chaises ne semblent pas avoir encore, suscité la convoitise et à l’image de ce qui se passe pour les vélos, entretenir un second marché, celui du vélo volé à Tel Aviv.
Demain, c'est décidé j’achète une chaise de bureau avec roues pour me déplacer dans la ville.

lundi 15 décembre 2008

Un numéro de téléphone pour la défense des droits de l’homme

Il ne s'agit pas de la défense des Droits de l’Homme, avec un D et un H majuscules, qui vient de fêter l’anniversaire de sa déclaration universelle et dont l’esprit et les principes sont aujourd hui, bien malmenés partout dans le monde.
Défense des Droits de l’Homme qui n´a pas encore mis en place une antenne téléphonique internationale, universelle et sans frontières, peut être en communication avec l’au de delà et qui permettrait à chacun de rapporter, témoigner, livrer les atteintes aux droits de l’homme, qui n’ont jamais disparues ou ne cessent de refaire surface, si ce n’est au sein des discussions avisées dans les enceintes du Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies.

Non, il est question de la défense des droits de l’homme au sein de la famille, du genre masculin, de la défense des intérêts de l’homme par opposition à ceux de la femme.
En Hébreu comme en Anglais, d’un point de vue strictement linguistique, il semblerait qu’au stade de la dénomination, on ait été plus soucieux d’englober la femme puisqu'on parle de défense des droits de l’humain, de l être humain ( אדם, Human Kind). Cependant en Hébreu pour dire le genre humain, on parle des « fils de Adam », des enfants de Adam et non pas ceux de Eve. La difficulté, commandée par la nécessité de généraliser, de formuler le genre, reste la même qu’en Français finalement, où l’on utilise le même mot pour dire le masculin et pour dire le genre humain.

Il n’est pas une façade extérieure d’un immeuble au bord des routes, des panneaux à
l’abandon, en zone urbaine ou non, sur des tôles en aluminium au bas des chantiers, qui ne soient revêtus de cette inscription. Sur n’importe quel support visible, ou façades, on peut voir, ce graffiti, écrit à la main de l’homme, directement sur les matières des supports choisis au hasard : un numéro de téléphone portable pour la défense des droits de Monsieur.

Hier, j’ai pris le temps de composer le numéro de téléphone pour comprendre.
J’ai au bout du fil, un homme surpris d’entendre la voix d’une femme et toujours la même rengaine avec l’accent Français. Je lui explique que je cherche juste à comprendre de la défense de quels droits il est question et surtout qui est derrière cette campagne qui travaille son image artisanale mais qui m’apparaît avoir un très grand impact compte tenu du nombre impressionnant de lieux où il est possible de s’arrêter devant ce marketing graffiti.

L’homme est sur la défensive, je serais parmi les rares femmes à téléphoner.
Il a un discours argumenté, très militant, politique, un discours de colère contre l’état et les institutions spécialement la Loi et la position des tribunaux civils, qui se préoccuperaient, de manière excessive et disproportionnée de la défense des intérêts des femmes, au détriment de ceux des hommes. Une politique d’état qui aboutirait à placer ce pays sous le joug et la domination des femmes, « une nation qui vivrait désormais à l’heure d’un féminisme hargneux », où il n’est pas bon être un homme, où « un homme peut se retrouver sur le carreau, systématiquement déchu de son droit de garde, en sus du reste». Il sait de quoi il parle, c’est un mouvement qu’il a initié à l’issue de son propre divorce, me précise t-il.

Il s’agit donc de la répartition des droits, des obligations, du statut de père et d’homme dans le cadre des procédures de divorce.
Ce mouvement est une forme de lobby qui attirerait de plus en plus d’hommes pour mener des actions de sensibilisation auprès des pouvoirs publics, pour tenter de modifier les textes et la jurisprudence dominante dans ce domaine.

C’est la première fois que j’entends qu’en Israël, le féminisme soit un mouvement puissant ou de quelque influence que ce soit.

Il me semble au contraire, que de grands combats restent à mener.

J’ai même remarqué que dans les milieux dits "main stream" ou aussi "straight", à savoir non spécialement activiste, non spécialement célibataire, non spécialement à ''voile et à vapeur", ou non hétéro, le terme féminisme déclenchait des réactions violentes, passionnées, voir sarcastiques et cyniques, aussi bien du coté des hommes que des femmes d’ailleurs. Le mot fait peur. Personne n'arrive à s'entendre sur sa définition qui reste vague et multiple, à contenu variable, voir très variable, ce qui rend peut être la notion de combat pour la définition même, d’un nouveau concept de féminisme ou pour la défense des droits essentiels en ce domaine, difficile à envisager. « Pas dans les priorité du pays », il y a des combats tellement plus essentiels, il y en a toujours d’ailleurs, des priorités qui apparaissent plus sérieuses à envisager dés lors qu’il est question d’introduire des changements de mentalité qui ne concernent plus le « conflit »... Cependant il existe un féminisme sectoriel et orienté, suivant les secteurs de la population et les régions géographiques du pays. Par exemple dans les milieux orthodoxes de plus en plus de femmes partent au combat contre la loi sur le Guet (du ressort des tribunaux religieux), qui soumet la femme au libre vouloir de l’homme, celui-ci devant lui délivrer une sorte de quitus pour pouvoir être libérée, religieusement des liens du mariage et pouvoir refaire sa vie. La délivrance du guet rend parfois la femme prisonnière, les questions multiples qui entourent les conditions de la délivrance du guet, aboutissent souvent à des situations absurdes et qui portent atteinte aux seuls droits des femmes, telle qu’en cas de disparition non avérée ou non officiellement déclarée de l’homme époux, que faire ???? : libérée pas libérée…

vendredi 12 décembre 2008



jeudi 11 décembre 2008

Prière du soir


Depuis au moins une demi heure, j’étais en train de négocier un petit objet aux puces de Jaffa, une très belle main de fatma en verre, soudain le propriétaire du magasin s’agite, il s’impatiente, il rassemble ses affaires sur le comptoir, remet des objets en place, passe un coup de fil en vitesse, je ne comprends rien, il parle en Perse, c’est beau le Perse, ça chantonne, ça danse, à l’écouter parler, ça fait l’effet d’une langue aux angles ronds, ça m’est apparu moins direct, moins vif, moins fort que l’Hébreu de la rue que j’entends tous les jours, pas celui des sphères feutrées des intellectuels, du cinéma d’auteur, de la station radio 88, le soir tard, pas la langue des conférences feutrées ou de certains vieux élégants, je parle de la langue qu’on entend tous les jours, celle des hommes et des femmes qui ne s’entendent plus, celle des jeunes et des enfants qui crient pour montrer qu’ils existent eux aussi, parce qu’il faut prendre sa place sinon personne ne vous la cédera, la langue de tous les jours qu’il convient
d’exprimer avec vigueur et assurance, surtout pas avec indifférence, comme dans les programmes de télévision, et avec l’efronterie de convenance, comme sur la chaîne de radio 102 Tel Aviv, dans un programme quotidien supposé être une satire sans filtres de ce qui s’est passé la veille, où le couple d’animateurs, un homme à la voix virile et une femme qui s’évertue en permanence à montrer qu’elle aussi elle peut être très virile, les deux se crient dessus, se lancent des insultes que les auditeurs doivent comprendre comme étant une très grande forme de complicité, des insultes pour nous dire qu ils s’aiment et qu’ils s’admirent mutuellement pour leur art de la critique acerbe, une langue de tous les jours qui n’est jamais sereine, jamais tranquille, se fait rarement douce et calme comme dans les vielles civilisations qui sont restées en place sur les mêmes lieux, comme en Inde peut être, ou en Chine, sûrement aussi pour d’autres raisons.
Il achève sa conversation, il ferme son téléphone portable et ne semble plus du tout être intéressé par une transaction avec moi. Je lui demande s’il ferme déjà boutique. Il me répond à peine, comme s’il était déjà ailleurs, il me dit que si je le souhaite, je peux l’attendre dehors, le temps qu’il finisse sa prière du soir (Arvit : de erev soir), mais là, je dois sortir. Je me dis que c’est étrange, le temps qu’il se rende à la synagogue, même du quartier et qu’il revienne, une heure sera passée au moins, et il sera déjà tard pour ce genre de petit commerce, qui ferme en général en début de soirée. Nous sortons ensemble, lui avec son livre de prière. Tous les commerçants de la rue font de même, tel un rituel, dans le silence, avec maîtrise et calme, ils se regroupent tous, les jeunes, les moins jeunes, tous avec leur livre ouvert, commencent à prier en silence, en chuchotant des lèvres, certains remuant leur buste, d´avant en arrière, comme cela est parfois devenu une habitude, pour accompagner et donner de la vigueur à l’acte de prier, dans les synagogues ou salles d’études.
Se joignent à eux, certains passants, des enfants aussi. Les autres passants continuent librement leur chemin, certains attendent que les commerces reprennent leurs activités.
Ils prient faces aux étals, ni les couleurs ni les formes, ni l’apparent fouillis et
extraordinaire variété des objets disposés, posés, suspendus, étalés ne sauraient les perturber dans leur sérénité retrouvée. Ce sont leurs étals à tous, c’est leur quotidien et ils prient à coté, au milieu, au sein de leur lieu de travail et de ce qui les font vivre.
Parmi l’incroyable amoncellement de trésors, beaucoup importés de Chine ou d’Inde: Tapis de pique-nique, tissus, petites boites en bois, sacs, paniers, céramique Arménienne, main de fatma en pâte fimo, en verre, en plâtre, en tissu, vaisselles, costumes de danse du ventre, foulard keffieh au tissage bicolore rouge, bicolore noir, calumets de la paix,…

Avant d’arriver aux puces en passant par le front de mer, une jeune femme déployait des gestes avec ses paumes de mains qu’elle remuait délicatement face à la mer et au ciel, comme si elle les caressait. Elle s’adonne seule en regardant les vagues et l’au delà, à cette forme de prière, alors que tout son esprit parait saisi, comme si elle n’était plus là.

Elle n’entend, ni ne voit, l’homme derrière elle, qui lui, n’a pas décroché, il ne médite pas, il ne prie pas, il ne s’adresse ni aux vagues, ni aux cieux, il parle à l’aide de l’une de nos extensions anatomiques locales, le téléphone portable ou la troisième oreille.

mercredi 10 décembre 2008

Location saisonnière


La frénésie des projets de construction qui a saisi la ville, profitant souvent, comme il se dit beaucoup, aux investisseurs étrangers, a contribué à une augmentation vertigineuse des loyers et à une nette diminution des offres de location sur le marché.

La colère des locaux se transforme parfois en rancœur contre l’investisseur étranger et la municipalité qui semble privilégier le développement d’une ville, qui attirerait essentiellement des résidents étrangers, n’inspire désormais plus confiance auprès de beaucoup de jeunes.

Ce sentiment de ne plus appartenir à la ville, d’en être écarté au profit de gens qui ne vivraient pas ici, a contribué entre autres thèmes, à alimenter le succès de la campagne électorale d’un nouveau parti aux dernières élections municipales : « une ville pour nous tous » ( Ir lekoulanou).

Vient s’ajouter au phénomène de développement sauvage, dont tirent largement profit entrepreneurs et métiers de l’immobilier, un libéralisme farouche où la réglementation par le biais d’une politique de régulation des loyers par exemple, fait défaut tant au niveau local qu’étatique.