lundi 15 décembre 2008

Un numéro de téléphone pour la défense des droits de l’homme

Il ne s'agit pas de la défense des Droits de l’Homme, avec un D et un H majuscules, qui vient de fêter l’anniversaire de sa déclaration universelle et dont l’esprit et les principes sont aujourd hui, bien malmenés partout dans le monde.
Défense des Droits de l’Homme qui n´a pas encore mis en place une antenne téléphonique internationale, universelle et sans frontières, peut être en communication avec l’au de delà et qui permettrait à chacun de rapporter, témoigner, livrer les atteintes aux droits de l’homme, qui n’ont jamais disparues ou ne cessent de refaire surface, si ce n’est au sein des discussions avisées dans les enceintes du Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies.

Non, il est question de la défense des droits de l’homme au sein de la famille, du genre masculin, de la défense des intérêts de l’homme par opposition à ceux de la femme.
En Hébreu comme en Anglais, d’un point de vue strictement linguistique, il semblerait qu’au stade de la dénomination, on ait été plus soucieux d’englober la femme puisqu'on parle de défense des droits de l’humain, de l être humain ( אדם, Human Kind). Cependant en Hébreu pour dire le genre humain, on parle des « fils de Adam », des enfants de Adam et non pas ceux de Eve. La difficulté, commandée par la nécessité de généraliser, de formuler le genre, reste la même qu’en Français finalement, où l’on utilise le même mot pour dire le masculin et pour dire le genre humain.

Il n’est pas une façade extérieure d’un immeuble au bord des routes, des panneaux à
l’abandon, en zone urbaine ou non, sur des tôles en aluminium au bas des chantiers, qui ne soient revêtus de cette inscription. Sur n’importe quel support visible, ou façades, on peut voir, ce graffiti, écrit à la main de l’homme, directement sur les matières des supports choisis au hasard : un numéro de téléphone portable pour la défense des droits de Monsieur.

Hier, j’ai pris le temps de composer le numéro de téléphone pour comprendre.
J’ai au bout du fil, un homme surpris d’entendre la voix d’une femme et toujours la même rengaine avec l’accent Français. Je lui explique que je cherche juste à comprendre de la défense de quels droits il est question et surtout qui est derrière cette campagne qui travaille son image artisanale mais qui m’apparaît avoir un très grand impact compte tenu du nombre impressionnant de lieux où il est possible de s’arrêter devant ce marketing graffiti.

L’homme est sur la défensive, je serais parmi les rares femmes à téléphoner.
Il a un discours argumenté, très militant, politique, un discours de colère contre l’état et les institutions spécialement la Loi et la position des tribunaux civils, qui se préoccuperaient, de manière excessive et disproportionnée de la défense des intérêts des femmes, au détriment de ceux des hommes. Une politique d’état qui aboutirait à placer ce pays sous le joug et la domination des femmes, « une nation qui vivrait désormais à l’heure d’un féminisme hargneux », où il n’est pas bon être un homme, où « un homme peut se retrouver sur le carreau, systématiquement déchu de son droit de garde, en sus du reste». Il sait de quoi il parle, c’est un mouvement qu’il a initié à l’issue de son propre divorce, me précise t-il.

Il s’agit donc de la répartition des droits, des obligations, du statut de père et d’homme dans le cadre des procédures de divorce.
Ce mouvement est une forme de lobby qui attirerait de plus en plus d’hommes pour mener des actions de sensibilisation auprès des pouvoirs publics, pour tenter de modifier les textes et la jurisprudence dominante dans ce domaine.

C’est la première fois que j’entends qu’en Israël, le féminisme soit un mouvement puissant ou de quelque influence que ce soit.

Il me semble au contraire, que de grands combats restent à mener.

J’ai même remarqué que dans les milieux dits "main stream" ou aussi "straight", à savoir non spécialement activiste, non spécialement célibataire, non spécialement à ''voile et à vapeur", ou non hétéro, le terme féminisme déclenchait des réactions violentes, passionnées, voir sarcastiques et cyniques, aussi bien du coté des hommes que des femmes d’ailleurs. Le mot fait peur. Personne n'arrive à s'entendre sur sa définition qui reste vague et multiple, à contenu variable, voir très variable, ce qui rend peut être la notion de combat pour la définition même, d’un nouveau concept de féminisme ou pour la défense des droits essentiels en ce domaine, difficile à envisager. « Pas dans les priorité du pays », il y a des combats tellement plus essentiels, il y en a toujours d’ailleurs, des priorités qui apparaissent plus sérieuses à envisager dés lors qu’il est question d’introduire des changements de mentalité qui ne concernent plus le « conflit »... Cependant il existe un féminisme sectoriel et orienté, suivant les secteurs de la population et les régions géographiques du pays. Par exemple dans les milieux orthodoxes de plus en plus de femmes partent au combat contre la loi sur le Guet (du ressort des tribunaux religieux), qui soumet la femme au libre vouloir de l’homme, celui-ci devant lui délivrer une sorte de quitus pour pouvoir être libérée, religieusement des liens du mariage et pouvoir refaire sa vie. La délivrance du guet rend parfois la femme prisonnière, les questions multiples qui entourent les conditions de la délivrance du guet, aboutissent souvent à des situations absurdes et qui portent atteinte aux seuls droits des femmes, telle qu’en cas de disparition non avérée ou non officiellement déclarée de l’homme époux, que faire ???? : libérée pas libérée…

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