dimanche 25 janvier 2009

L' anniversaire

Très tôt ce matin, le numéro de téléphone d'une des mamans de la classe de ma fille, s'affiche sur mon téléphone portable. J'ai inscrit les numéros de la plupart des mamans, comme cela je perds moins de temps, ne serait-ce qu'a écouter des histoires qui n'en sont pas. Elle insiste toute la matinée et renouvelle son appel trois fois, sans laisser de message.
Ce soir, elle téléphone à partir d'une autre ligne que je n'identifie pas. Il doit y avoir urgence.
" Bonsoir, je voulais savoir si tu voulais organiser l'anniversaire de ta fille avec la mienne, dans 2 semaines, au mur d' escalade au parc, comme cela on se partage les frais?"
Je lui dis que ma fille est née au mois de Juillet.
En début d'année la maitresse remet aux parents une liste avec les dates anniversaires de chacun, pour que ceux qui le souhaitent, puissent les célébrer à plusieurs.
Inviter la classe de 40 élèves à l'anniversaire, c'est sacré à tel Aviv, ca permet aussi et surtout aux parents de se rassurer sur la côte de popularité de nos enfants.
Puis, la maitresse et la directrice de l'école ont élaboré des codes au sujet de l'anniversaire. Si on ne peut ou ne veut inviter toute la classe, n'inviter alors que les filles quand on est une fille ou que les garçons dans le cas contraire. Si on en n'invite que certains, le faire discrètement. Ce qui ne semble pas être compris par beaucoup d'enfants ( donc parents), qui ayant pris l'habitude de distribuer leurs invitations dans l' enceinte de l école, voir de la classe, le font parfois aux vues et au sus de ceux qui ne seront pas de la partie. L' immixtion de la sphère publique dans celle du privé est une notion qui n a pas encore des contours bien délimités et surtout qui n est pas forcement perçue comme non souhaitable, c est normal, je crois, réminiscence du kibboutz et de la vie en communauté, du tout collectif.
En revanche c' est le rapport entretenu au concept de discrétion et la gestion du capital Hutzpa qui semblent poser le plus de problème.
La Hutzpa, est une expression yiddish, qui évoque des traits de caractère, un concept de vie et
d' interactions avec autrui, qui fait partie des fondamentaux. C'est une forme d' effronterie érigée en culte, il y a ceux qui en ont et c' est tant mieux, et ceux qui n' en n' ont pas: les pauvres, et ceux qui se battent continuellement pour se former à l' art de la Hutzpa.

" Oui je sais mais je me suis dit que peut être, ca t' arrangerait d'organiser un anniversaire en commun, même si ce n' est pas vraiment sa date."
D' ordinaire, dans ce type de situation, je ne sais pas formuler de réponse courte, là j'ai juste dit, non merci et Mazal tov.

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